Une popularité en chute libre

Keir Starmer, qui a annoncé sa démission lundi après avoir perdu la confiance de ses députés et de plusieurs membres clés de son cabinet, quitte Downing Street avec une cote de popularité historiquement basse. Selon un sondage YouGov, seuls 18 % des Britanniques estimaient encore récemment qu'il faisait du bon travail, contre 74 % d'avis contraire, soit un solde net de −56 points. Un mois seulement après son arrivée au pouvoir en juillet 2024, ce solde était déjà de −7 points. Des enquêtes Ipsos indiquent que ses taux de satisfaction personnelle ont chuté sous ceux de ses prédécesseurs modernes, y compris Rishi Sunak, Boris Johnson et Theresa May.

Une croissance économique en dents de scie

Sur le plan économique, le bilan est contrasté. Le Parti travailliste s'était engagé à assurer « la plus forte croissance soutenue du G7 ». Entre le deuxième trimestre 2024 et le premier trimestre 2026, l'économie britannique a progressé de 2,3 % au total, selon les données de l'OCDE, soit un rythme plus rapide que celui de la plupart des autres membres du G7, à l'exception des États-Unis (3,7 %). Le Royaume-Uni a même enregistré la meilleure performance trimestrielle du groupe au premier trimestre 2026, avec une expansion de 0,6 %. Toutefois, les prévisionnistes ne jugent pas cette tendance durable, notamment en raison du choc énergétique lié au conflit entre les États-Unis et l'Iran. Le Fonds monétaire international table sur une croissance de seulement 0,8 % pour l'ensemble de 2026, inférieure à celle prévue pour les États-Unis (2,3 %), le Canada (1,5 %) et la France (0,9 %). Les projections pour 2027 sont également moins optimistes pour le Royaume-Uni que pour l'Amérique du Nord.

Immigration : baisse nette mais traversées de la Manche toujours élevées

En matière d'immigration, les chiffres officiels montrent un recul significatif. La migration nette s'est établie à 171 000 personnes en 2025, en baisse de 48 % par rapport à l'année précédente, et loin du pic annuel de 944 000 atteint en 2023 sous les conservateurs. L'immigration totale a également diminué. En revanche, les traversées de la Manche par de petits bateaux n'ont pas cessé : le total de l'année dernière a représenté le deuxième niveau le plus élevé, derrière le record de 2022. Le nombre cumulé depuis 2018 a dépassé les 200 000. Cependant, les arrivées détectées en 2026 accusent un recul de 40 % par rapport à la même période en 2025.

NHS : les listes d'attente se réduisent

Sur le front de la santé, l'engagement travailliste fixait un objectif de 92 % des patients vus dans un délai de 18 semaines d'ici la fin de la législature. En avril 2026, 65 % des patients étaient pris en charge dans ce délai, contre 58,9 % en juin 2024, juste avant l'arrivée de Starmer. Le nombre total de personnes en attente de traitement en Angleterre s'élevait à 7,22 millions en avril, contre 7,62 millions en juin 2024, soit une diminution de 400 000. La part des patients ayant attendu plus d'un an a également chuté, passant de 304 000 à 184 000.

Énergie et niveau de vie

Dans le domaine de l'énergie, la facture moyenne des ménages a reculé. Le plafond des prix de l'énergie pour un foyer type utilisant le gaz et l'électricité est passé de 1 568 livres par an en juillet 2024 à 1 549 livres en avril 2026. Ce chiffre reste toutefois bien supérieur au niveau d'avant la crise énergétique, où il était inférieur à 1 200 livres. Par ailleurs, le salaire minimum a augmenté de manière significative : le taux pour les 21 ans et plus est passé de 11,44 livres de l'heure en avril 2024 à 12,73 livres en avril 2026.

Dette publique et perspectives fragiles