La succession de Keir Starmer à la tête du Parti travailliste et du gouvernement britannique prend des allures de formalité. Andy Burnham, élu député de Makerfield il y a quelques jours, a officialisé sa candidature à la direction du parti dans la matinée, depuis un train reliant Manchester à Londres. Quelques heures plus tard, son unique concurrent potentiel de poids, Wes Streeting, a annoncé qu'il renonçait à se présenter et apportait son soutien à l'ancien maire du Grand Manchester.
Un concurrent qui jette l'éponge
Wes Streeting, qui avait appelé à un « combat d'idées » ces dernières semaines, a justifié son retrait en déclarant qu'il ne souhaitait pas « passer l'été à exagérer de petites différences ». Selon des proches de l'ancien secrétaire à la Santé, plusieurs collègues l'encourageaient encore à se lancer contre M. Burnham juste avant son annonce. M. Streeting a précisé avoir eu des « échanges approfondis » avec Andy Burnham depuis la victoire de ce dernier à l'élection partielle, tout en démentant tout accord secret prévoyant un poste au sein d'un futur gouvernement. Il est néanmoins largement attendu que M. Streeting occupera une fonction ministérielle de premier plan sous un mandat Burnham.
Angela Rayner écarte une candidature
L'ancienne vice-Première ministre Angela Rayner, également citée comme possible candidate, a indiqué que le Labour devait « redoubler d'efforts pour offrir des résultats aux travailleurs ». Elle n'a pas explicitement soutenu Andy Burnham, mais plusieurs sources indiquent qu'elle ne prépare pas de campagne personnelle pour la direction du parti. L'hypothèse d'une candidature de l'aile starmeriste, portée par certains députés qui souhaitaient tester le programme de M. Burnham, n'a pas abouti. Le secrétaire en chef du Trésor, Darren Jones, avait été évoqué comme possible recours, mais aucune candidature alternative ne s'est matérialisée.
Un accueil triomphal à Westminster
Arrivé à Londres, Andy Burnham s'est rendu au Parlement où environ deux cents députés travaillistes s'étaient rassemblés pour une photo de groupe, traditionnelle pour tout vainqueur d'élection partielle. L'atmosphère, qualifiée de « plus que célébratoire » par des témoins, a rapidement transformé cet événement en une véritable cérémonie d'intronisation. La chancelière de l'Échiquier Rachel Reeves, le whip en chef Jonathan Reynolds, ainsi que plusieurs proches de Keir Starmer comme le secrétaire au Logement Steve Reed et le ministre chargé des relations avec l'UE Nick Thomas-Symonds figuraient parmi les participants. Aucun d'eux n'avait assisté à la démission de M. Starmer quelques heures plus tôt.
Un parcours sans opposition
La rapidité avec laquelle le parti s'est rangé derrière Andy Burnham contraste avec les appels de Keir Starmer, formulés dans son discours de démission, en faveur d'une compétition interne ouverte. Certains députés fidèles à l'ancien Premier ministre avaient exprimé des réserves sur la capacité de M. Burnham à répondre aux questions de politique nationale, notamment après un entretien télévisé où il avait refusé d'énoncer les règles fiscales du gouvernement. Mais ces critiques n'ont pas empêché l'élan unitaire.
Vers un nouveau Premier ministre dans les semaines à venir
Plusieurs analystes estiment désormais que la nomination d'Andy Burnham comme chef du Labour, puis comme Premier ministre, n'est plus qu'une question de semaines. Le processus interne devrait être rapidement bouclé, faute de concurrents. M. Burnham, qui avait construit sa popularité durant son mandat de maire du Grand Manchester et s'était imposé comme une figure de proue de l'aile modérée du parti, hérite d'une situation politique tendue, entre défis économiques et pression sociale. Il lui faudra désormais transformer ce statut de favori en une majorité solide pour gouverner.