Un revirement horaire majeur
Le gouvernement marocain a annoncé son intention de revenir de manière définitive au temps universel coordonné (UTC+0), communément appelé heure de Greenwich (GMT), à partir du 20 septembre prochain. Cette décision, officialisée après plusieurs mois de débats nourris au sein de la société et des institutions, enterre le système d’heure d’été permanente (UTC+1) qui était en vigueur depuis 2018.
Le choix de ce changement de fuseau horaire intervient au terme d’une polémique récurrente sur les conséquences du décalage horaire permanent sur la vie quotidienne des Marocains, notamment dans les secteurs de l’éducation, du travail et des pratiques religieuses. Les partisans du retour à GMT estimaient que l’heure d’été permanente perturbait les rythmes biologiques et créait des difficultés d’organisation, tandis que ses défenseurs soulignaient les avantages économiques liés à un alignement sur les horaires des partenaires européens.
Les modalités du basculement
Le passage à l’heure d’hiver s’effectuera le 20 septembre 2026. À cette date, à 3 heures du matin (heure locale actuelle, UTC+1), les horloges seront retardées d’une heure pour revenir à 2 heures (UTC+0). Ce changement sera appliqué sur l’ensemble du territoire national, sans exception annoncée. Les autorités ont précisé que le nouveau fuseau horaire serait maintenu de façon permanente, et qu’aucun retour à l’heure d’été n’était envisagé à ce stade.
Cette mesure met fin à une période de huit années durant laquelle le Maroc avait opté pour le maintien de l’heure d’été tout au long de l’année, une décision prise en 2018 pour des raisons d’efficacité énergétique et de cohérence avec les fuseaux horaires des principaux partenaires commerciaux. L’expérience avait toutefois suscité des critiques croissantes, en particulier lors du mois sacré du ramadan, où le décalage horaire compliquait la gestion des horaires de rupture du jeûne et de prière.
Des débats qui ont traversé la société
La question du fuseau horaire a régulièrement animé la scène publique marocaine. Des pétitions citoyennes, des avis d’experts et des interventions de parlementaires se sont succédé pour réclamer un retour à l’heure de Greenwich. Les opposants au statu quo faisaient valoir que l’heure d’été permanente ne correspondait pas au cycle naturel du soleil, notamment en hiver où le jour se levait très tard, ce qui pénalisait les écoliers et les travailleurs matinaux.
Des voix s’étaient également élevées dans les milieux religieux pour souligner que l’heure légale devait rester en phase avec les horaires réels des prières, particulièrement pour la prière de l’aube (Fajr). Le gouvernement, après avoir commandé plusieurs études d’impact, a finalement tranché en faveur d’un retour à l’heure solaire.
Réactions et perspectives
L’annonce a été accueillie favorablement par une partie de l’opinion publique, mais certains acteurs économiques redoutent des perturbations dans les échanges avec l’Europe, où plusieurs pays appliquent encore un changement saisonnier d’heure. Le Maroc, principal partenaire économique de l’Union européenne en Afrique, devra composer avec un décalage supplémentaire d’une heure par rapport à ses voisins et clients du nord durant la moitié de l’année.
Les autorités ont promis un accompagnement pour les secteurs les plus concernés, notamment les transports et les télécommunications, afin de limiter les désagréments. Des campagnes d’information seront déployées dans les semaines précédant le changement pour aider la population à s’adapter.
Cette décision marque un tournant dans la politique horaire du Maroc, qui avait alterné entre différents systèmes avant de stabiliser son fuseau. Le royaume rejoint ainsi les pays qui ont choisi de ne pas appliquer l’heure d’été de manière permanente, à l’instar de l’Islande ou de la Tunisie.