Frank Stronach, le fondateur de l'équipementier automobile Magna International, a été reconnu coupable, vendredi 19 juin, d'agression sexuelle et d'attentat à la pudeur par la Cour supérieure de justice de l'Ontario, à Toronto. L'homme d'affaires austro-canadien de 93 ans, l'une des plus grandes fortunes du Canada, a en revanche été acquitté de trois autres accusations d'agression sexuelle impliquant deux autres plaignantes.

Le jugement, rendu par la juge Anne Molloy, met un terme à un procès aux accents de déchéance pour celui qui avait bâti un empire industriel à partir d'un garage loué. M. Stronach avait plaidé non coupable des douze chefs d'accusation initialement retenus, émanant de sept plaignantes. Les faits reprochés s'étalaient des années 1970 aux années 1990. En cours d'audience, cinq charges avaient été abandonnées par le ministère public.

Deux victimes, des décennies plus tard

La condamnation pour attentat à la pudeur concerne une femme qui avait 25 ans en 1977, lorsqu'elle s'était rendue à l'appartement de M. Stronach après un dîner. Selon la magistrate, l'homme d'affaires avait alors soulevé la jupe de la plaignante et s'était livré à ce qu'elle a qualifié de « gross and disgusting conduct » (conduite grossière et dégoûtante).

Le second verdict de culpabilité pour agression sexuelle porte sur des faits survenus dans les années 1980. La plaignante, serveuse dans un restaurant appartenant à M. Stronach, avait été conviée à son domicile pour discuter de son licenciement. Elle a affirmé avoir été attouchée à plusieurs reprises par le milliardaire alors qu'elle tentait de quitter les lieux.

Concernant les acquittements, la juge Molloy a indiqué ne pas avoir été en mesure de déterminer si la plaignante avait consenti aux actes reprochés.

Une deuxième procédure à venir

Frank Stronach doit faire face à un autre procès pour agression sexuelle l'an prochain. Cette nouvelle audience portera sur des accusations distinctes de celles examinées cette semaine.

L'ancien magnat a reçu la plus haute distinction civile canadienne. Il a fondé Magna International dans les années 1980, transformant un petit atelier en un sous-traitant mondial assemblant des véhicules pour Mercedes-Benz et ayant tenté de racheter Chrysler et Opel. Il a cédé le contrôle de l'entreprise en 2010, empochant environ un milliard de dollars.

Des propos controversés et des incursions politiques

Par le passé, M. Stronach s'était rendu célèbre pour des remarques déplacées envers les femmes. En 2007, lors d'une assemblée générale de Magna, il avait demandé aux actionnaires lequel, de lui ou de son assistant, était le plus attirant pour les femmes.

Sa fille, Belinda Stronach, ancienne ministre canadienne, dirige aujourd'hui l'entreprise de courses hippiques et de jeux d'argent héritée de son père. L'homme d'affaires a également tenté une percée politique en Autriche, son pays natal, avec le parti « Team Stronach », qui avait obtenu deux sièges au Landtag avant de s'effondrer.