L'Organisation maritime internationale (OMI) s'apprête à lancer une opération d'évacuation de grande ampleur pour secourir plus de 11 000 marins demeurés bloqués dans le golfe Persique à la suite des récentes hostilités entre les États-Unis, Israël et l'Iran. L'initiative, qui implique une coordination avec Téhéran, Mascate, Washington, d'autres États côtiers et les armateurs, fait suite à un accord de cessez-le-feu intérimaire signé la semaine dernière.

Une opération humanitaire majeure

Le secrétaire général de l'OMI, Arsenio Dominguez, a confirmé que les garanties de sécurité indispensables ont été obtenues et que les conditions de navigation ont été rigoureusement vérifiées pour mener ces opérations. "Nous avons obtenu les garanties de sécurité nécessaires et vérifié les conditions de navigation pour ces opérations", a-t-il déclaré. Il a salué l'accord de paix conclu entre les États-Unis et l'Iran comme "une étape décisive vers le rétablissement de la sécurité maritime et la fin des attaques intolérables contre la navigation civile". Selon l'avis aux navigateurs émis par Oman, deux routes temporaires traversant le détroit d'Ormuz pourront être utilisées, chaque navire étant contacté individuellement pour recevoir des instructions. L'OMI publiera un rapport quotidien sur l'avancement de l'évacuation.

Rubio réaffirme l'illégalité des droits de passage

Alors que l'Iran cherchait à imposer des redevances aux bâtiments transitant par le détroit d'Ormuz, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a fermement rejeté cette perspective. Arrivé mardi aux Émirats arabes unis pour entamer une tournée régionale qui le mènera également au Koweït et à Bahreïn, il a déclaré : "Il s'agit d'une voie navigable internationale. Aucun pays n'est autorisé à imposer des péages ou des droits sur une telle voie. C'est le droit international existant." Il a ajouté que les pays de la région partageaient cette position, estimant n'avoir "personne à convaincre" sur ce point.

Divergences persistantes sur l'accord intérimaire

L'accord de cessez-le-feu, consigné dans un mémorandum d'entente (MoU), demeure source de tensions entre les parties. Washington affirme que le document inclut des garanties sur l'inspection du programme d'armes nucléaires iranien par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Toutefois, le président iranien Massoud Pezechkian a contredit cette lecture lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. "Les missiles ne font pas partie du MoU et n'en feront jamais partie", a-t-il insisté. "L'Iran ne négociera jamais ses capacités de défense avec aucun pays et croit fermement que la paix et la stabilité régionales ne peuvent être obtenues que par des discussions honnêtes et une coopération intra-régionale."

Un responsable américain a rétorqué que "les Iraniens ont accepté des inspections robustes de l'AIEA sur les vestiges de leur programme d'armes nucléaires. Le régime iranien dira ce qu'il doit dire pour son public intérieur."

Enjeux économiques et sécuritaires

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part importante du pétrole mondial, se trouve au cœur des préoccupations. La volonté iranienne de taxer le transit avait provoqué des tensions ces dernières semaines, avant d'être temporairement écartée par le cessez-le-feu. L'évacuation des marins dépend du maintien de l'ouverture du détroit. L'OMI a qualifié l'accord de paix de "pas décisif" pour mettre fin à des mois d'épreuves pour des milliers de marins innocents et aux conséquences négatives sur l'ensemble du monde. La tournée de Marco Rubio dans les monarchies du Golfe vise à consolider les termes de l'accord avec Téhéran, alors que les divergences sur le nucléaire et les péages persistent.