Le Pakistan a conduit une nouvelle série de frappes aériennes dans l’est de l’Afghanistan, une opération militaire officialisée lundi par le gouvernement d’Islamabad. Selon le ministre de l’Information, Attaullah Tarar, ces tirs de précision ont ciblé « trois cibles situées dans les provinces de Paktia, Paktika et Kunar ». Il a affirmé qu’au moins 25 personnes avaient été tuées lors de ces raids.

Ces bombardements nocturnes s’inscrivent dans une escalade des tensions transfrontalières. Les autorités pakistanaises justifient cette action par la multiplication des attaques imputées au Jamaat-ul-Ahrar, une faction dissidente du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP). Le groupe est présenté comme responsable d’une récente attaque contre un camp des Rangers pakistanais à Karachi, survenue samedi soir. L’armée pakistanaise a qualifié cet assaut d’« acte lâche ». Les forces de sécurité ont également indiqué que des opérations terrestres étaient menées dans les zones frontalières.

Des bilans divergents

De son côté, le gouvernement taliban afghan conteste fermement le récit pakistanais. Zabihullah Mujahid, porte-parole officiel, a dénoncé une « agression lâche » dans un message publié sur le réseau social X. Il a affirmé que les frappes avaient tué ou blessé « des dizaines de civils », sans fournir de bilan précis. Aucune source indépendante n’a pu vérifier ces chiffres sur le terrain.

Une série d’incidents frontaliers

Cette offensive intervient moins d’un mois après une précédente salve de tirs pakistanais contre le territoire afghan, déjà justifiée par la lutte contre le TTP. Le Jamaat-ul-Ahrar, groupe particulièrement radical, est connu pour ses positions hostiles à la fois au gouvernement pakistanais et aux talibans au pouvoir à Kaboul. Les relations entre les deux voisins restent extrêmement tendues, Islamabad accusant régulièrement les talibans afghans de ne pas empêcher les groupes armés d’utiliser le sol afghan pour préparer des attaques contre le Pakistan.