Le Pakistan a annoncé avoir conduit une opération transfrontalière de grande envergure contre des cibles militantes dans l'est de l'Afghanistan, en représailles à une série d'attaques récentes sur son sol. Les frappes, combinant bombardements aériens et manœuvres au sol, ont visé des provinces frontalières afghanes.
Le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, a indiqué que l'opération avait été lancée en réaction à de « multiples incidents terroristes » survenus ces derniers jours à l'intérieur du pays. il a précisé que des « frappes calibrées » avaient été menées contre des « cachettes et refuges de terroristes » dans la zone frontalière. Selon lui, au moins 25 combattants ont été neutralisés, dont un commandant de haut rang. Un chiffre légèrement supérieur, évoquant 29 morts, a également été avancé par les autorités pakistanaises dans d'autres communications officielles, accompagné d'une image présentée comme montrant le corps du chef militaire abattu.
Les frappes ont ciblé trois provinces afghanes
Selon les déclarations du porte-parole des talibans afghans, Zabihullah Mujahid, les bombardements ont touché les provinces de Paktika, Paktia et Kunar. Il a fermement condamné l'action militaire pakistanaise, la qualifiant d'« acte de lâche agression » sur le réseau social X. Kaboul rejette régulièrement les accusations d'Islamabad selon lesquelles son territoire servirait de sanctuaire à des groupes armés.
L'attaque de Karachi en toile de fond
Ces opérations interviennent au lendemain d'un attentat à la bombe et à l'arme à feu qui a coûté la vie à trois soldats paramilitaires à Karachi, la grande métropole du sud du Pakistan. La responsabilité de cette attaque a été revendiquée par Jamaat-ul-Ahrar, une faction dissidente du Mouvement des talibans pakistanais (Tehrik-e-Taliban Pakistan, ou TTP). Bien que distincts, le TTP et les talibans afghans entretiennent des liens de longue date.
Des relations bilatérales déjà très tendues
Ces frappes marquent une nouvelle escalade dans la spirale de violence qui empoisonne les relations entre les deux voisins. Islamabad accuse depuis des mois le gouvernement taliban afghan, au pouvoir depuis 2021, d'abriter des groupes militants responsables d'une recrudescence des attaques meurtrières au Pakistan. Kaboul dément systématiquement ces allégations. La frontière commune reste d'ailleurs en grande partie fermée depuis un regain de tensions en octobre dernier, et les échanges commerciaux bilatéraux en sont gelés.
Une série d'opérations récentes
Il s'agit de la dernière d'une série de frappes pakistanaises en territoire afghan. Des bombardements similaires avaient déjà été signalés plus tôt dans le mois. La situation sécuritaire dans les zones tribales pakistanaises et de l'autre côté de la frontière afghane demeure extrêmement volatile, alimentant un cycle de représailles et de condamnations mutuelles.