Le mouvement viral du « parti des cafards » (Cockroach Janta Party, CJP) a mis sa menace à exécution ce samedi 20 juin en organisant un sit-in à New Delhi, au célèbre site de Jantar Mantar. Les organisateurs attendent plusieurs centaines de participants pour cette action qui s'inscrit dans le cadre d'une campagne exigeant la démission du ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan.
Le fondateur du mouvement, Abhijeet Dipke, avait appelé les sympathisants à se munir d'une assiette et d'une cuillère. Sur son compte X, il a écrit que « les cafards aussi se feront entendre en frappant des thalis (plaques métalliques) à Jantar Mantar ». Cette méthode de protestation, qui consiste à faire du bruit en frappant des ustensiles, est devenue la marque de fabrique du groupe.
Lettre ouverte au Premier ministre
Parallèlement à la mobilisation, Abhijeet Dipke a adressé une lettre ouverte au Premier ministre Narendra Modi. Il y met en lumière les cas de suicides d'étudiants attribués au stress lié aux examens et dénonce les irrégularités présumées dans l'organisation des concours. Le fondateur du CJP demande au chef du gouvernement d'intervenir personnellement pour faire la lumière sur ces affaires et d'écarter Dharmendra Pradhan de ses fonctions.
Contexte d'une contestation grandissante
Ce sit-in constitue la deuxième grande manifestation du CJP à New Delhi. Le mouvement, né sur les réseaux sociaux, avait déjà organisé un rassemblement de ce type le 6 juin dernier. Depuis, la contestation s'est étendue à d'autres grandes villes indiennes, notamment Hyderabad et Bengaluru, où des rassemblements ont eu lieu la semaine précédente. Le collectif menace désormais d'occuper indéfiniment l'espace public si ses revendications ne sont pas satisfaites.
Les protestataires accusent le ministre de l'Éducation de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour garantir la transparence des examens nationaux. Plusieurs cas de fuites présumées de sujets et de notes irrégulières ont été signalés ces derniers mois, provoquant une vague d'indignation parmi les étudiants et leurs familles. Le CJP lie directement ces défaillances au nombre élevé de suicides d'étudiants, qui aurait augmenté dans plusieurs États.
Une pression qui monte sur le gouvernement
En exigeant le départ de Dharmendra Pradhan, le « parti des cafards » s'attaque directement à un ministre influent du gouvernement Modi. Pour l'heure, ni le ministre ni le gouvernement n'ont officiellement répondu aux accusations ou aux appels à la démission. Le sit-in de ce samedi marque une escalade dans la stratégie de protestation du groupe, qui semble déterminé à maintenir la pression jusqu'à obtenir gain de cause.
Des observateurs notent que l'utilisation symbolique du cafard – un insecte réputé indestructible – vise à incarner la résistance et la persévérance des étudiants face à un système qu'ils jugent défaillant. Le mouvement, bien que non structuré en parti politique traditionnel, a su capter l'attention des médias et de l'opinion publique grâce à des actions spectaculaires et à une forte présence en ligne.