Le fondateur du Cockroach Janta Party (CJP), Abhijeet Dipke, a organisé une journée de protestation samedi à New Delhi. De retour des États-Unis, il a rejoint ses partisans au site historique de Jantar Mantar pour réclamer le départ du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan.
Dipke a atterri à l’aéroport de la capitale indienne sous un dispositif sécuritaire renforcé. Il avait appelé les participants à se munir d’un livre et du drapeau indien. Le rassemblement s’inscrit dans le prolongement des accusations portées par le CJP concernant des fuites massives lors d’épreuves nationales.
Des fuites d’examens peu sanctionnées
Le porte-parole du parti, Vijeta Dahiya, a rappelé qu’une enquête avait mis au jour que, sur les quarante-cinq fuites majeures de sujets d’examen recensées en vingt ans, seules deux avaient donné lieu à des condamnations. « Sur ces deux cas, vous en avez transféré un, a-t-il déclaré. Comment un simple transfert peut-il être considéré comme une punition ? Est-ce logique ? »
Le mouvement, qui se présente comme un porte-voix de la jeunesse indienne mécontente, entend dénoncer le faible taux de poursuites judiciaires. Selon Dahiya, la jeunesse du monde entier est confrontée à des difficultés et cette mobilisation pacifique doit servir d’exemple pour obtenir des changements par la voie légale.
Un retour très médiatisé
Abhijeet Dipke, figure controversée mais suivie sur les réseaux sociaux, avait annoncé son retour depuis l’étranger quelques jours plus tôt. La manifestation de samedi constitue la première action d’ampleur du CJP depuis cette annonce. Les forces de l’ordre avaient déployé un dispositif important autour du lieu du rassemblement.
Le parti réclame la démission du ministre Pradhan, qu’il juge responsable de la gestion des examens et de l’absence de sanctions adéquates. Aucune réaction officielle du ministère n’a été rapportée dans l’immédiat.
Un contexte de défiance envers le système éducatif
Ces dernières années, plusieurs scandales de fuites d’épreuves ont ébranlé la confiance dans les concours nationaux, notamment ceux régissant l’accès aux universités et aux emplois publics. Le CJP, dont le nom provocateur vise à dénoncer ce qu’il qualifie de « système qui traite les jeunes comme des nuisibles », a gagné en visibilité depuis sa création.
La manifestation à Jantar Mantar, lieu traditionnel de contestation dans la capitale, s’est déroulée sans incident majeur. Les participants ont brandi des livres et des drapeaux, suivant les consignes de leur fondateur. L’avenir du mouvement dépendra de la réponse des autorités face à ces revendications.