La lutte contre l’inflation aux États-Unis traverse une phase d’incertitude, comme en témoignent les déclarations contrastées de plusieurs responsables de la Réserve fédérale. Le président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee, a estimé que l’inflation, encore trop élevée, « va dans le mauvais sens », selon ses propos rapportés lors d’une intervention publique. Cette appréciation intervient alors que le dernier indice des prix à la consommation a affiché une hausse de 4,1 % sur un an, un niveau supérieur aux anticipations.
M. Goolsbee a reconnu percevoir « des lueurs d’espoir » dans les données récentes, mais il a souligné que la persistance des pressions tarifaires impose à la banque centrale de rester vigilante. Cette position reflète celle d’autres membres du Comité de politique monétaire, qui ont exprimé des réserves quant à la rapidité du ralentissement de l’inflation.
Des avis partagés au sein de la Fed
Quelques jours plus tôt, le président de la Fed de Richmond, Thomas Barkin, avait mis en garde contre un niveau d’inflation encore trop élevé, tout en relevant certains signes de soulagement. Il a notamment évoqué une amélioration dans les chaînes d’approvisionnement et un apaisement des pressions sur les loyers, facteurs qui pourraient contribuer à un ralentissement progressif.
De son côté, la présidente de la Fed de San Francisco, Mary Daly, a estimé que l’inflation devrait ralentir, mais elle a également prévenu que l’environnement économique demeure « incertain ». Elle a insisté sur la nécessité de surveiller de près les indicateurs pour ajuster la politique monétaire en conséquence.
Des divergences sur la nécessité de nouvelles hausses de taux
Ces déclarations interviennent dans un contexte où certains responsables de la Fed estiment qu’un nouveau tour de vis pourrait être nécessaire pour ramener l’inflation vers l’objectif de 2 %. Les débats internes portent sur le rythme et l’ampleur des ajustements à venir, alors que les marchés financiers anticipent une pause dans le cycle de resserrement. Le président de la Fed de Chicago, tout en exprimant des inquiétudes, n’a pas explicitement plaidé pour une hausse immédiate des taux, mais il a insisté sur la nécessité de « ne pas relâcher la pression trop tôt ».
Incertitudes sur l’évolution des prix
Les analystes notent que l’inflation sous-jacente, qui exclut les éléments volatils comme l’alimentation et l’énergie, reste tenace. Plusieurs composantes, notamment les services, continuent d’augmenter à un rythme soutenu, ce qui complique la tâche de la banque centrale. Les propos de M. Goolsbee interviennent alors que le débat s’intensifie sur la durée pendant laquelle les taux devront rester élevés pour juguler la hausse des prix.
En somme, le message des responsables de la Fed est nuancé : l’inflation recule trop lentement et les risques de dérapage persistent, ce qui maintient la pression sur l’institution pour qu’elle agisse avec prudence mais détermination.