Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, s'est rendu mercredi sur la base navale de Guantánamo Bay, dans le sud-est de Cuba, pour y rencontrer les troupes américaines en poste. Au cours de cette visite, il a formulé un avertissement explicite à l'encontre des autorités cubaines.

« Il serait imprudent de la part du gouvernement cubain de chercher à se procurer ou à obtenir des types d'armes qui pourraient atteindre cette base ou le territoire américain », a-t-il déclaré, vêtu d'un t-shirt vert et d'un short noir lors d'une séance d'entraînement physique avec les soldats.

« Ils inviteraient une confrontation non seulement qu'ils ne souhaitent pas, mais qu'ils ne pourraient pas soutenir », a ajouté le chef du Pentagone, soulignant qu'« aucun pays au monde ne peut égaler les capacités des États-Unis d'Amérique ». Il a également estimé que « l'avenir de Cuba est entre les mains du président des États-Unis et des dirigeants cubains ».

Cette mise en garde intervient dans un contexte de pression accrue de Washington contre La Havane. Depuis janvier, les États-Unis ont imposé un blocus sur les livraisons d'énergie à l'île, aggravant une pénurie qui a provoqué des coupures d'électricité généralisées et paralysé les transports. Ce blocus s'ajoute à l'embargo commercial global appliqué depuis 1962. Le président Donald Trump a laissé entendre à plusieurs reprises que le gouvernement cubain pourrait être le prochain à céder sous la pression américaine, après le Venezuela.

La base de Guantánamo Bay est un territoire américain loué de manière indéfinie, contre la volonté du gouvernement cubain. Elle est située près de la pointe sud de Cuba et constitue un symbole des tensions bilatérales.

Les menaces américaines font suite à des informations selon lesquelles Cuba aurait acquis plus de 300 drones militaires auprès de la Russie et de l'Iran. Un média américain a rapporté en mai, citant des documents de renseignement classifiés, que La Havane aurait récemment entamé des discussions sur l'utilisation de ces appareils pour attaquer la base de Guantánamo.

Cuba a fermement rejeté ces allégations. Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a dénoncé sur le réseau social X ce qu'il a qualifié de « calomnies » et d'« insinuations provenant du gouvernement américain lui-même ». Il a réaffirmé le droit de Cuba à une « légitime défense contre toute agression extérieure ».

Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a déclaré que son pays n'avait « aucun plan d'agression », mais a prévenu que si les menaces américaines se concrétisaient, « cela provoquera un bain de sang aux conséquences incalculables, en plus de l'impact destructeur sur la paix et la stabilité régionales ».

Les deux parties semblent campées sur des positions irréconciliables, tandis que la crise énergétique exacerbe les tensions sur l'île. L'administration Trump intensifie sa rhétorique et ses sanctions, tandis que Cuba invoque son droit à la défense et dénonce une ingérence étrangère.