Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) a clos son congrès national à Erfurt, capitale de la Thuringe, en réaffirmant sa volonté d’accéder au pouvoir. La coprésidente Alice Weidel, réélue avec 81,3 % des voix, a salué les sondages qui placent son parti en tête des intentions de vote à l’échelle nationale. « Nous sommes la force la plus puissante. Nous sommes un parti populaire avec 30 % de soutien. Et nous gouvernerons », a-t-elle déclaré devant les délégués.
Le scrutin interne a toutefois révélé des dynamiques contrastées au sein de la direction bicéphale. Tino Chrupalla, l’autre coprésident, n’a obtenu que 70 % des suffrages, en net recul par rapport à son score précédent. Cette divergence alimente les spéculations sur une possible volonté d’Alice Weidel, titulaire d’un doctorat en sciences économiques, d’assumer seule la direction du parti à l’avenir. L’élection du nouveau bureau fédéral a par ailleurs renforcé son influence : de nombreux soutiens de Weidel y ont fait leur entrée.
Un virage assumé vers l’extrême droite
La composition du nouvel exécutif confirme l’ancrage radical de la formation. Six des quatorze membres du bureau fédéral proviennent de sections régionales que les services de renseignement intérieur allemands classent comme « extrémistes de droite ». L’une des nouvelles figures promues est Jean‑Pascal Hohm, issu de l’aile la plus dure du parti. Le congrès s’est déroulé sous forte présence policière, témoignant des tensions qui entourent la montée en puissance de l’AfD.
Malgré les dissensions internes et la surveillance des autorités, le parti d’extrême droite affiche une unité de façade autour de son objectif gouvernemental. Alice Weidel, qui avait été la candidate principale de l’AfD aux élections fédérales de 2025, entend capitaliser sur une dynamique électorale favorable pour briser le cordon sanitaire que lui opposent les autres formations politiques.