Le tribunal fédéral de San Francisco a prononcé une peine de deux ans et demi de prison ferme à l’encontre de Carl Rinsch, réalisateur américain connu pour le long-métrage « 47 Ronin » (2013). L’artiste a été reconnu coupable d’escroquerie envers le géant du streaming Netflix, qui lui avait versé 55 millions de dollars (environ 51 millions d’euros) pour produire une série de science-fiction intitulée « White Horse » (« Cheval blanc »).

Selon le juge, Carl Rinsch a utilisé une partie de ces fonds pour son enrichissement personnel : achats de véhicules de luxe, bijoux, œuvres d’art, ainsi que des placements spéculatifs en cryptomonnaies et en actions. Au total, le montant détourné est évalué à 11 millions de dollars (environ 10,4 millions d’euros).

Le projet de série n’a jamais été mené à terme. Netflix avait initialement signé un contrat en 2018 pour développer « White Horse », mais les relations avec le réalisateur se sont rapidement tendues, ce dernier multipliant les demandes de financement et les modifications du scénario. La plateforme a fini par porter plainte en 2021, déclenchant une enquête du FBI.

Lors du procès, la défense de Carl Rinsch a plaidé la mauvaise gestion et l’absence d’intention frauduleuse, affirmant que le réalisateur espérait rembourser les sommes avancées grâce au succès escompté de la série. Le parquet a au contraire démontré un schéma délibéré de détournement et de dissimulation.

Outre la peine d’emprisonnement, le condamné devra restituer la totalité des 11 millions de dollars détournés. Il reste en liberté sous caution en attendant l’examen de son appel.

Ce verdict intervient dans un contexte où Hollywood multiplie les affaires de fraude impliquant des réalisateurs ou producteurs. L’affaire Rinsch illustre les risques financiers auxquels s’exposent les plateformes en finançant des projets ambitieux sans suffisamment de garde-fous.