Le roi Charles III s'apprête à franchir un cap inédit en matière de transparence des finances royales. Pour la première fois depuis son accession au trône, il publiera le montant de son imposition personnelle, une initiative sans précédent pour un monarque britannique. L'annonce, émanant du palais de Buckingham, indique que ce document sera intégré aux comptes annuels de la famille royale, qui doivent être rendus publics le jeudi suivant l'annonce.
Un geste personnel pour renforcer la confiance
Selon des proches du souverain, cette décision a été prise personnellement par Charles III. Un porte-parole du palais a expliqué que cette démarche s'inscrit dans un effort plus large de modernisation et d'ouverture, visant à « encourager une meilleure compréhension de notre responsabilité ». Le palais a souligné que le roi souhaite « continuer à évoluer » dans sa manière de rendre compte de ses finances, ajoutant que la publication annuelle de ses impôts sera désormais un engagement permanent.
Cette transparence intervient dans un climat de demandes répétées de la part du Parlement et de l'opinion publique pour une clarification des comptes de la monarchie, notamment après les affaires entourant le prince Andrew. En tant qu'héritier, Charles III avait déjà rendu publique sa propre facture fiscale, mais jamais en tant que chef d'État.
Ce que contiendra la déclaration
La publication portera sur l'année fiscale 2024-2025. Les informations détailleront l'impôt acquitté sur l'ensemble des revenus personnels du roi, notamment les bénéfices du duché de Lancastre – une propriété foncière et immobilière qui a généré environ 24 millions de livres l'an dernier –, ses investissements personnels ainsi que les revenus de ses propriétés privées, comme les domaines de Sandringham et de Balmoral.
Bien que les monarques britanniques ne soient pas légalement tenus de payer l'impôt sur le revenu, les plus-values sur les ventes d'actifs privés ou les droits de succession sur ce qu'ils reçoivent d'un prédécesseur, Charles III s'y soumet volontairement depuis son avènement. La divulgation à venir permettra de connaître le montant total ainsi reversé.
Le contexte des finances publiques de la Couronne
Cette annonce coïncide avec la publication des comptes de la subvention souveraine (Sovereign Grant), l'enveloppe publique allouée chaque année au fonctionnement de la maison royale. Celle-ci a atteint un niveau record de 137,9 millions de livres, notamment en raison des travaux de rénovation du palais de Buckingham. Depuis sa création en 2012, cette dotation n'a jamais diminué, mais une première réduction est attendue dans le cadre d'une revue menée conjointement par le Trésor, le 10 Downing Street et la maison royale.
Par ailleurs, le Comité des comptes publics (Public Accounts Committee) de la Chambre des communes doit prochainement ouvrir une enquête sur les propriétés et les baux royaux liés au Crown Estate. Un rapport préliminaire du Bureau national d'audit (National Audit Office) a déjà révélé que les filles du prince Andrew, les princesses Béatrice et Eugénie – qui n'exercent pas de fonctions royales officielles –, occupaient des logements à St James's Palace et Kensington Palace, dont le loyer était réglé par le roi sur ses revenus personnels.
Une transparence sous contrôle parlementaire
Le palais de Buckingham a rappelé que la subvention souveraine fait déjà l'objet d'un contrôle parlementaire. L'ajout des informations fiscales personnelles du souverain, selon un porte-parole, vise à « renforcer encore cette transparence » et à agir « en accord avec nos priorités de service public ». Un porte-parole a déclaré : « Notre objectif est d'expliquer tous les éléments des finances royales d'une manière qui améliore encore la clarté et l'accessibilité. »
Cette initiative intervient alors que les députés auront prochainement l'occasion de débattre de la subvention souveraine lorsqu'un texte de loi sera présenté au Parlement. La réduction annoncée de cette dotation publique, si elle se confirme, marquerait un tournant dans les relations financières entre la Couronne et l'État.