Le président Donald Trump a reconnu samedi que le bassin du Lincoln Memorial, récemment rénové, connaissait des problèmes suffisamment graves pour devoir probablement être partiellement vidé afin d’effectuer « des réparations nécessaires ». Dans une publication sur les réseaux sociaux, il a affirmé que « plusieurs personnes » avaient été arrêtées pour vandalisme et que celles-ci risquaient « des années de prison ». Il a également déclaré, sans fournir de preuves, que des vandales avaient « versé des produits corrosifs et destructeurs » dans l’eau du bassin.
Ces déclarations constituent la reconnaissance la plus explicite de la détérioration rapide du plan d’eau ces derniers jours. L’eau est recouverte d’algues en pleine floraison, masquant le fond qui venait d’être peint d’une teinte que M. Trump appelle « bleu drapeau américain ». La peinture s’est ensuite décollée par endroits, transformant le site en attraction touristique pour des raisons inhabituelles. Des experts en ingénierie avaient pourtant averti que ce projet, mené à la hâte, ne résoudrait probablement pas les problèmes qui affectent le bassin depuis des décennies.
Un champion olympique arrêté
Parmi les personnes arrêtées figure David Carter Hearn, un cycliste âgé de 67 ans et triple olympien en canoë. Il affirme s’être arrêté vendredi devant le bassin par simple curiosité, puis avoir tendu la main pour toucher une bande de peinture bleue qui se décollait, mêlée aux algues. Les forces de l’ordre l’ont appréhendé peu après, l’accusant de destruction de biens du gouvernement, un délit passible d’une peine pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement. M. Hearn conteste cette accusation : « J’étais juste un citoyen curieux et inquiet. J’imagine que j’étais au mauvais endroit, au mauvais moment », a-t-il déclaré.
Originaire de Bethesda, dans le Maryland, M. Hearn a expliqué qu’il effectuait une balade à vélo de 80 kilomètres avant de s’arrêter au bassin. Il indique avoir été détenu pendant plus de quatre heures dans un bâtiment situé au sud du National Mall, sans avoir pu passer un coup de téléphone. Les autorités ne lui auraient pas fourni d’explications claires sur les motifs de son arrestation. La Maison-Blanche et la police n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.
M. Hearn a comparé son geste à celui du journaliste Jonathan Karl de la chaîne ABC News, qui avait soulevé un morceau de peinture détaché au même endroit jeudi, dans une vidéo diffusée par son organisation. Le président avait pour sa part affirmé tard vendredi que la « surface intérieure qui venait d’être installée » avait été endommagée par des vandales. L’administration n’a pas divulgué les noms des autres personnes accusées de vandalisme.
État des lieux et rénovation controversée
Le ministère de l’Intérieur avait indiqué cette semaine que ses agents avaient « tué les algues » qui proliféraient avec la chaleur et l’humidité. Cependant, vendredi après-midi, l’eau était encore tachée par des amas d’algues là où le personnel avait frotté les dépôts verts au fond du bassin. Le nouveau revêtement présentait de larges lacunes, dont un trou de la taille d’un banc de parc, laissant apparaître la dalle de béton d’origine.
Le projet de rénovation, dont le coût dépasse 14 millions de dollars, a été confié sans appel d’offres à une entreprise de construction liée à Donald Trump. Il s’inscrit dans une série de travaux entrepris par le président dans la capitale fédérale à l’approche du 250e anniversaire des États-Unis. M. Trump a indiqué samedi avoir rencontré des entrepreneurs plus tôt dans la journée pour discuter de l’état du bassin.