L’Australie a enregistré son premier cas de grippe aviaire de souche H5N1 sur le continent, a annoncé la ministre de l’Agriculture Julie Collins ce week-end. Le virus a été découvert chez un oiseau marin migrateur, un skua brun, dans une zone isolée de l’État d’Australie-Occidentale. Ce constat met fin à la particularité de l’Australie, qui était jusqu’alors le seul continent épargné par cette variante.
L’animal infecté a été retrouvé sur une plage du parc national du Cap Le Grand, à proximité de la localité d’Esperance, située à environ 700 kilomètres au sud-est de Perth. « Nous savions tous que nous ne pouvions pas être épargnés par la grippe aviaire éternellement », a déclaré Julie Collins lors d’une conférence de presse. La ministre a également indiqué qu’un second cas suspect était en cours d’examen, celui d’un pétrel austral découvert épuisé sur une plage d’Esperance, sans qu’aucune « preuve de mortalité massive ne soit constatée pour l’instant ».
Les autorités sanitaires animales se mobilisent. La commissaire aux espèces menacées, Fiona Fraser, a précisé que les résultats des analyses sur d’éventuels autres animaux infectés seraient connus « dans les jours qui viennent ». De son côté, la vétérinaire en chef du pays, Beth Cookson, a affirmé que les services compétents se préparent à cette éventualité depuis longtemps et que le comité de gestion des urgences animales s’est réuni samedi.
Cette détection intervient après la confirmation, en octobre dernier, de la présence du H5N1 sur les îles Heard-et-McDonald, territoires australiens reculés de l’océan Indien austral. Une étude récente a révélé que depuis août, environ 13 000 bébés phoques sur une population de 17 000 — soit plus de 75 % du groupe — ont succombé au virus sur cette île. Des mortalités plus élevées que prévu ont aussi été observées parmi les colonies de manchots. Les scientifiques estiment que le virus a été introduit sur ces îles par des oiseaux migrateurs en provenance des îles Crozet, françaises, situées à 1 800 kilomètres de là.
Si les cas humains restent rares, la souche H5N1 se propage rapidement parmi les volailles et les oiseaux sauvages. Apparue en Chine à la fin des années 1990, elle circule aujourd’hui à l’échelle mondiale, essentiellement par les migrations aviaires. L’Organisation mondiale de la santé suit de près l’évolution du virus, qui peut exceptionnellement contaminer l’humain lors de contacts directs avec des animaux infectés.