Le bureau du Sénat a décidé, jeudi 28 mai, de lever l'immunité parlementaire de Francis Szpiner, sénateur Les Républicains de Paris et ancien maire du 16ᵉ arrondissement de la capitale. Cette décision fait suite à une demande formulée par les autorités judiciaires, qui souhaitent entendre l'élu dans le cadre d'une enquête pour « corruption ». Les investigations portent sur les circonstances entourant l'attribution d'un logement social à une jeune femme en 2023.

Selon les informations recueillies, la plaignante affirme avoir été contrainte d'avoir des rapports sexuels avec Francis Szpiner afin d'obtenir ce logement. Certaines sources évoquent également une qualification de viol dans le cadre de l'enquête. La levée de l'immunité permet désormais aux enquêteurs de placer l'ancien ténor du barreau de Paris en garde à vue pour l'interroger sur ces faits.

Une procédure rapide

La demande de levée d'immunité a été examinée et acceptée par le bureau de la chambre haute, qui a jugé les éléments suffisamment sérieux pour autoriser cette mesure. La procédure, bien que rare, est prévue par le règlement du Sénat pour permettre à la justice de poursuivre ses investigations lorsqu'un parlementaire est mis en cause. Francis Szpiner, qui a siégé au palais du Luxembourg depuis 2017, n'a pas commenté publiquement cette décision à ce stade.

Une affaire qui prend de l'ampleur

Les faits reprochés remontent à plusieurs années. L'élu est soupçonné d'avoir usé de sa position d'ancien maire pour favoriser une femme dans l'attribution d'un logement social géré par la Ville de Paris, en échange de relations sexuelles. La plaignante, dont l'identité n'a pas été divulguée, a déposé une plainte qui a déclenché l'ouverture de l'enquête préliminaire. Les investigations sont menées par les services spécialisés dans la lutte contre la corruption.

Cette affaire relance le débat sur les pratiques d'attribution des logements sociaux dans la capitale, souvent critiquées pour leur opacité. Elle intervient également dans un contexte politique tendu, alors que Les Républicains tentent de se positionner pour les prochaines échéances électorales.

Conséquences judiciaires et politiques

Avec la levée de son immunité, Francis Szpiner perd la protection juridique dont il bénéficiait en tant que parlementaire. Il pourra être convoqué par les enquêteurs dans les prochains jours, voire placé en garde à vue, pour répondre des accusations portées contre lui. La qualification de corruption, et potentiellement de viol, pourrait entraîner des poursuites pénales lourdes si les faits sont confirmés.

Sur le plan politique, cette affaire fragilise la position du sénateur au sein de son groupe et pourrait avoir des répercussions sur sa carrière. Aucune demande de démission n'a été formulée pour l'instant, mais l'avenir de l'élu au palais du Luxembourg semble désormais incertain.

Réactions et silences

Du côté des associations féministes, la décision du Sénat a été saluée comme un signal fort contre l'impunité des élus. Plusieurs organisations ont appelé à ce que la justice fasse toute la lumière sur ces accusations. En revanche, les responsables politiques de la majorité sénatoriale se sont montrés discrets, préférant ne pas commenter une affaire en cours.

Francis Szpiner, âgé de plusieurs dizaines d'années, était une figure influente du barreau avant de se lancer en politique. Il a occupé le poste de maire du 16ᵉ arrondissement de Paris de 2017 à 2022, avant de devenir sénateur. Son parcours, ponctué de nombreux succès professionnels, est aujourd'hui entaché par ces graves accusations.