Une prise de position tranchée

Dans une intervention récente, le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, a appelé à ce que l’intelligence artificielle soit placée sous le contrôle de la collectivité. Il a notamment dénoncé ce qu’il qualifie d’« IA avec nous » – une formule par laquelle il entend dénoncer un discours présentant les technologies comme inévitables et bénéfiques, alors qu’elles seraient, selon lui, déjà confisquées par des intérêts privés. Le responsable politique a estimé que le développement de ces outils ne doit pas rester entre les mains de quelques grandes entreprises, mais doit faire l’objet d’une appropriation publique et démocratique.

Une critique du modèle actuel

Fabien Roussel a mis en garde contre une concentration excessive des capacités et des données entre les mains d’acteurs privés, qui décideraient seuls des orientations et des usages de l’intelligence artificielle. Il a plaidé pour que les citoyens, les salariés et les pouvoirs publics puissent peser sur les choix technologiques, afin d’éviter que l’IA ne serve principalement à accroître les inégalités ou à renforcer le contrôle social. Selon lui, la puissance publique doit investir massivement dans la recherche et le développement de ces technologies, tout en garantissant leur transparence et leur utilité sociale.

Un appel à la mobilisation

Le secrétaire du PCF a invité les forces politiques et syndicales à se saisir de ce sujet, estimant que l’intelligence artificielle constitue un enjeu de société fondamental. Il a insisté sur la nécessité de construire un « service public de l’IA », qui permettrait d’en orienter les applications vers l’intérêt général, qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation ou de l’environnement. Il a également souligné que cette appropriation publique devrait s’accompagner d’une régulation forte et de garanties démocratiques, afin d’éviter les dérives liberticides.

Un débat plus large

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où plusieurs voix, du sommet du Vatican aux instances internationales, appellent à un encadrement de l’intelligence artificielle. Le pape Léon XIV a récemment plaidé pour un contrôle de cette technologie, qu’il qualifie de « pouvoir inédit ». Dans le même temps, la communauté scientifique souligne que les bouleversements liés à l’IA n’en sont qu’à leurs débuts. Pour Fabien Roussel, l’urgence est de ne pas laisser ces transformations s’opérer sans débat démocratique ni intervention publique.

Des pistes concrètes

Sans entrer dans le détail d’une législation, Fabien Roussel a esquissé plusieurs pistes : la nationalisation des infrastructures clés, le développement de modèles ouverts et non propriétaires, ainsi que la mise en place de mécanismes de contrôle citoyen. Il a également plaidé pour que les données utilisées par les algorithmes soient considérées comme un bien commun, et non comme une marchandise. Ces propositions visent à faire de l’intelligence artificielle un outil au service de tous, plutôt qu’un levier de domination économique et politique.