Une investigation menée sur plusieurs mois met en lumière l'essor d'un traitement controversé de l'autisme aux États-Unis. Selon les éléments recueillis, le secrétaire à la Santé américain, Robert F. Kennedy Jr., apporte son soutien à cette approche par cellules souches, bien qu'aucune preuve scientifique solide n'en ait démontré l'efficacité. Des parents d'enfants autistes se tournent de plus en plus vers ces perfusions, souvent administrées dans des cliniques privées, malgré l'absence de validation par les autorités sanitaires fédérales.
Le traitement consiste en des injections intraveineuses de cellules souches, présentées comme capables de régénérer ou de réparer des zones du cerveau liées à l'autisme. Les investigateurs soulignent que ces pratiques ne reposent sur aucun essai clinique rigoureux et exposent les patients à des risques d'infection, de réactions immunitaires ou de développement de tumeurs. Pourtant, le marché prospère, porté par le désespoir de familles en quête de solutions pour leurs enfants.
Le rôle inédit du secrétaire à la Santé
Robert F. Kennedy Jr., connu pour ses positions sceptiques vis-à-vis des vaccins et pour avoir lié sans preuve l'autisme à la vaccination, occupe désormais le poste de secrétaire à la Santé. L'enquête indique qu'il utilise son influence pour promouvoir cette thérapie alternative, ce qui contraste avec la position traditionnelle des agences fédérales de régulation. Des experts interrogés dans le cadre de l'investigation s'inquiètent de ce signal envoyé au public, susceptible d'encourager des traitements non prouvés au détriment des approches fondées sur des données probantes.
Les journalistes à l'origine de ces révélations ont passé plusieurs mois à documenter les témoignages de familles, les pratiques des cliniques et les déclarations de responsables politiques. Leurs travaux montrent que la promotion de cette méthode s'accélère depuis l'arrivée de Kennedy à la tête du département de la Santé. Des parents rapportent avoir dépensé des sommes considérables, parfois plusieurs dizaines de milliers de dollars, pour des cures dont l'efficacité n'est pas établie.
Un vide réglementaire exploité
Les cliniques proposant ces perfusions opèrent dans une zone grise juridique. Les cellules souches utilisées ne sont pas approuvées par la Food and Drug Administration (FDA) pour le traitement de l'autisme, mais la réglementation américaine autorise certains usages expérimentaux ou dérogatoires. L'enquête met en évidence que l'appui public du secrétaire à la Santé complique les efforts de contrôle et incite davantage de prestataires à entrer sur ce marché lucratif.
La controverse intervient dans un contexte où les troubles du spectre autistique touchent environ un enfant sur trente-six aux États-Unis, selon les données officielles. Face à l'absence de traitement curatif, les familles sont vulnérables aux promesses de guérison. Les investigateurs appellent à une vigilance accrue des autorités et à une information claire sur les risques encourus.
L'enquête, dont les conclusions ont été rendues publiques ces derniers jours, relance le débat sur la régulation des thérapies à base de cellules souches et sur l'influence des responsables politiques dans le domaine de la santé. Elle souligne également les tensions entre l'administration actuelle et les agences scientifiques indépendantes chargées de protéger la santé publique.