La république autoproclamée du Somaliland a franchi une nouvelle étape dans son rapprochement avec Israël en ouvrant une ambassade à Jérusalem-Ouest, une décision qui suscite des condamnations de Mogadiscio et de l'Autorité palestinienne.

L'inauguration du bureau diplomatique, installé dans un parc technologique de la partie occidentale de la ville, a coïncidé avec la visite officielle du chef de l'État somalilandais, Abdirahman Mohamed Abdullahi. Ce dernier a été reçu par le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Un parallèle entre deux quêtes de reconnaissance

Lors de leur entretien, M. Nétanyahou a souligné « un lien spirituel profond entre nos peuples » et s'est félicité du choix de Jérusalem pour abriter la mission. « Tout comme vous attendez des nations qu'elles reconnaissent votre souveraineté, votre identité, vos droits nationaux, nous attendons la même chose pour notre capitale », a-t-il déclaré, établissant un parallèle entre la quête d'indépendance du Somaliland et le statut contesté de Jérusalem.

Le président Abdullahi a pour sa part salué le « courage » d'Israël pour avoir reconnu son pays en décembre dernier, une première sur la scène internationale. Il a évoqué des perspectives de coopération, notamment dans l'exploitation des ressources naturelles potentielles de son territoire – minéraux rares et pétrole – ainsi que l'importance stratégique de la côte somalilandaise, proche de l'entrée de la mer Rouge.

Réactions hostiles de la Somalie et des Palestiniens

La Somalie, qui considère le Somaliland comme une partie intégrante de son territoire, a immédiatement condamné cette ouverture. Le ministère somalien des Affaires étrangères a appelé « tous les partenaires internationaux à respecter le droit international… et à condamner les actions qui minent l'unité et la stabilité de l'État somalien ».

L'Autorité palestinienne a également dénoncé « l'ouverture de la prétendue ambassade par le soi-disant 'Somaliland' dans la ville occupée de Jérusalem », estimant qu'il s'agit d'une « violation flagrante du droit international et des résolutions pertinentes de la légitimité internationale », selon un communiqué cité par l'agence Wafa.

Un contexte diplomatique sensible

Israël a occupé Jérusalem-Est en 1967 et l'a annexée en 1980. La communauté internationale, dans sa très grande majorité, ne reconnaît pas cette annexion. La plupart des pays maintiennent leurs ambassades à Tel-Aviv, à l'exception des États-Unis (depuis 2018), du Guatemala, du Honduras, du Kosovo, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, du Paraguay et des Fidji.

La reconnaissance israélienne du Somaliland, intervenue en décembre, avait été vivement critiquée par plusieurs dizaines de pays et organisations, dont la Chine, la Turquie, l'Arabie saoudite et l'Union africaine. Depuis, les deux parties ont resserré leurs liens : le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s'était rendu à Hargeisa, la capitale somalilandaise, quelques mois plus tôt.

Le Somaliland s'est autoproclamé indépendant en 1991, après l'effondrement du gouvernement central somalien à Mogadiscio. Il dispose de ses propres institutions, monnaie et forces de sécurité, et jouit d'une stabilité relative. Mais jusqu'à la décision israélienne, aucun État n'avait officiellement reconnu son indépendance.