Les élèves des écoles publiques du Texas devront étudier des passages de la Bible dans le cadre de leur cursus à partir de 2030. L’instance dirigeante de l’éducation de l’État, composée de dix républicains et cinq démocrates, a officiellement approuvé vendredi une liste de lectures communes pour tous les niveaux, une première à l’échelle d’un État américain.

Cette décision concerne l’ensemble des établissements publics texans, soit plus de cinq millions d’enfants et d’adolescents, ce qui représente environ 11 % de la population scolaire des États-Unis. Le nouveau programme ne sera appliqué qu’à partir de 2030, laissant aux écoles le temps de se préparer.

Un contenu mêlant classiques littéraires et textes religieux

La liste, modifiée jusqu’à son adoption, comprend des œuvres canoniques de la littérature anglophone comme « Charlotte’s Web » d’E. B. White (troisième année), « Night » d’Elie Wiesel (huitième année) ou « Hamlet » de William Shakespeare (douzième année). Elle intègre surtout des extraits de la Bible à presque tous les niveaux scolaires, notamment les récits d’Adam et Ève et celui de l’Exode où Dieu s’adresse à Moïse depuis un buisson ardent.

Cette obligation de lecture a suscité un vif débat. Les responsables de l’éducation texans justifient cette inclusion en affirmant que la Bible est une œuvre littéraire fondamentale, indispensable à la compréhension des racines culturelles et historiques des États-Unis. En revanche, des opposants dénoncent une violation de la séparation entre l’Église et l’État, y voyant une tentative d’imposer le christianisme dans l’enseignement public.

Un précédent récent

Cette mesure s’inscrit dans une série d’initiatives conservatrices au Texas. L’an dernier, l’État était déjà devenu le plus grand du pays à exiger l’affichage des Dix Commandements dans toutes les salles de classe. Les critiques estiment que ces deux décisions rapprochent l’école publique d’une instruction religieuse obligatoire.

Un précédent national

Le Texas est le deuxième État le plus peuplé des États-Unis et ses choix pédagogiques influencent souvent le marché des manuels scolaires à l’échelle nationale. L’instauration d’une liste de lectures imposée par l’État plutôt que par les enseignants ou les écoles est jugée inhabituelle, peut-être même sans précédent. Les partisans de la mesure affirment qu’elle garantit un socle culturel commun à tous les élèves, tandis que ses détracteurs redoutent un recul des libertés religieuses et une uniformisation idéologique.

Les modalités précises d’application dans les classes n’ont pas été détaillées, mais les extraits bibliques devraient figurer dans la plupart des niveaux. La mise en œuvre concrète sera précisée d’ici 2030.