Les organisateurs du Tour de France ont demandé au public de ne pas assister à la troisième étape de la course cycliste, prévue le 7 juillet, en raison d'un incendie de forêt majeur qui ravage le sud de la France. La décision vise à libérer les routes pour les véhicules d'urgence et à éviter toute mise en danger.
L'incendie, qui s'est déclenché à Trévillach, près de Perpignan, a déjà brûlé environ 4 600 hectares et forcé l'évacuation de plus de 10 000 habitants de plusieurs villages et petites villes des contreforts des Pyrénées, à proximité de la frontière espagnole. Le préfet local, Pierre Regnault de la Mothe, a communiqué ces chiffres.
Les conditions météorologiques restent préoccupantes. « Ce matin, les conditions se dégradent à nouveau », a averti le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, sur la chaîne TF1, ajoutant que « la bataille reprend aujourd'hui ». Les autorités redoutent que des vents violents n'attisent encore les flammes.
Un habitant de Trévillach, Patrice, a témoigné de la rapidité de la progression du feu : « Il est arrivé à 300 mètres des maisons. Nous avons été choqués par la vitesse à laquelle il s'est propagé, c'était stupéfiant – à la limite de la panique. »
Tour de France : restrictions inédites
La troisième étape, longue de 195,9 kilomètres, part de la ville espagnole de Granollers et se termine à Les Angles, dans les Pyrénées-Orientales. Les organisateurs ont exhorté les supporteurs et le personnel non essentiel à ne pas se rendre sur les 40 derniers kilomètres du parcours, ni sur le site d'arrivée. Le directeur de course, Christian Prudhomme, a déclaré : « Un feu exceptionnel appelle des mesures exceptionnelles pour le Tour. Nous invitons le public à ne pas venir au bord de la route ou sur le site d'arrivée. » Le convoi des véhicules d'équipe qui suit habituellement les coureurs sera également réduit au minimum.
Aide internationale et situation en Espagne
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que l'Union européenne enverrait quatre avions stationnés à Chypre et en Suède pour appuyer les opérations de lutte contre l'incendie.
L'Espagne voisine est également touchée. Dans la réserve naturelle des Gavarres, en Catalogne, plus de 2 200 hectares ont déjà brûlé. Les autorités catalanes ont indiqué que l'incendie était stabilisé et qu'il serait complètement éteint au cours de la semaine. Plus au sud, dans la province de Castellón, 500 personnes ont été évacuées après qu'un feu a pénétré dans le parc national de la Sierra de Espadán.
Vague de chaleur persistante
L'incendie s'inscrit dans un contexte de canicule précoce qui frappe une grande partie de l'Europe. Les températures pourraient de nouveau atteindre 40 °C dans le sud-ouest de la France cette semaine, après avoir déjà dépassé ce seuil au Portugal et en Espagne. Les satellites de la NASA montrent l'impact de deux vagues de chaleur intenses sur la végétation, transformant des paysages verdoyants en étendues brunes et desséchées.
Les autorités françaises appellent à la plus grande vigilance, tandis que les pompiers poursuivent leurs efforts pour contenir le sinistre avant l'arrivée de nouvelles conditions météorologiques défavorables.