La défense de Cédric Jubillar a livré son interprétation des faits après que ce dernier a reconnu par écrit le meurtre de son épouse Delphine. Dans leurs déclarations, les avocats ont fait part d'une prudence mesurée vis-à-vis de ces aveux, tout en pointant du doigt les carences de l'enquête judiciaire.
Selon les conseils du peintre en bâtiment, la relation du couple Jubillar était profondément « dégradée » avant le drame. Cette appréciation, qui contraste avec l'image d'un ménage uni souvent évoquée par l'entourage, vise à replacer les faits dans un contexte conjugal conflictuel. Les avocats ont également affirmé que le corps de Delphine Jubillar avait été « déplacé » après sa mort, une information qui, si elle se vérifie, pourrait modifier la compréhension du déroulement des événements.
Mais c'est surtout la conduite de l'enquête qui a concentré les critiques des avocats. Ils ont qualifié l'instruction de « bâclée », estimant que de nombreuses zones d'ombre n'ont pas été explorées. Cette accusation fait écho aux doutes exprimés dès le début de la procédure par la défense, qui a toujours contesté la fiabilité des éléments réunis par les enquêteurs. Les proches de l'accusé ont également mis en avant des « remords » exprimés par Cédric Jubillar dans sa lettre, y voyant une marque de sincérité.
Ces déclarations interviennent alors que la reconnaissance écrite du meurtre adressée à son avocat marque un tournant dans ce dossier. L'accusé, qui avait jusque-là nié toute implication dans la disparition de son épouse en décembre 2020, a proposé d'indiquer l'emplacement de la sépulture. Cette offre, qualifiée de geste de repentance par certains, est accueillie avec circonspection par la partie civile, qui exige la manifestation complète de la vérité.
Pour la défense, ces nouveaux éléments ne suffisent pas à clore le débat sur l'intégrité de l'enquête. Les avocats entendent désormais obtenir que les investigations supplémentaires soient diligentées pour vérifier leurs allégations. Ils espèrent que la lumière sera faite sur les circonstances exactes du décès et sur les éventuelles omissions dans le travail des forces de l'ordre.
Le procès de Cédric Jubillar, qui s'est ouvert en septembre 2025 devant la cour d'assises du Tarn, reste suspendu à cette reconnaissance partielle. La cour doit encore décider de la suite à donner à ces aveux et à la demande de localisation du corps. L'audience, qui captive l'opinion depuis près de cinq ans, pourrait connaître un rebondissement décisif dans les prochains jours.