Des réquisitions lourdes de conséquences.
Ce lundi 6 juillet, le parquet général de Paris a requis une peine de cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire à l'encontre de Marine Le Pen, dans le cadre du volet en appel de l'affaire des assistants parlementaires du Front national (aujourd'hui Rassemblement national). Cette demande, formulée devant la chambre des appels correctionnels, vise également plusieurs anciens cadres du parti.
L'exécution provisoire, si elle était prononcée par la cour, signifierait que la peine s'appliquerait immédiatement, quel que soit un éventuel pourvoi en cassation. Pour Marine Le Pen, candidate pressentie à l'élection présidentielle de 2027, une telle sanction ferait obstacle à sa participation au scrutin.
« C'est sans peur que j'aborde l'audience »
La veille de ces réquisitions, interrogée sur l'hypothèse de devoir faire campagne sous bracelet électronique – comme certains observateurs l'avaient évoqué – Marine Le Pen a fermement rejeté cette éventualité. « Je n'envisage pas une seconde de faire campagne avec un bracelet électronique », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté : « C'est sans peur que j'aborde l'audience. »
La présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée nationale a réaffirmé sa détermination à se présenter devant les juges, se disant sereine sur le fond du dossier.
Un dossier tentaculaire
L'affaire, instruite depuis plusieurs années, porte sur des soupçons d'emplois fictifs au sein du Parlement européen. Le parquet avait déjà requis en première instance – en novembre 2024 – des peines d'inéligibilité et de prison avec sursis contre Marine Le Pen et d'autres prévenus. La décision en appel est attendue dans les prochaines semaines.
Les avocats de la défense plaident de leur côté l'absence de preuves matérielles d'un système frauduleux. Ils dénoncent une instrumentalisation judiciaire à visée politique. Les débats doivent se poursuivre jusqu'à la fin de la semaine.