L'engouement pour le train ne se dément pas en France. Pour la quatrième année d'affilée, la fréquentation des services ferroviaires a atteint un niveau historique en 2025, avec une progression de 4 % par rapport à l'exercice précédent. Selon les données rassemblées par l'Autorité de régulation des transports (ART) dans son bilan annuel publié mercredi 24 juin, le trafic a bondi de 17 % depuis 2019, année de référence antérieure à la pandémie. Cette hausse concerne l'ensemble des segments, des trains à grande vitesse (TGV) aux TER, en passant par les transports franciliens. Le taux d'occupation moyen des TGV a lui aussi grimpé pour atteindre près de 77 %, un record qui, comme le souligne le régulateur, indique qu'une part croissante des circulations s'effectue avec des rames très remplies.

Un paradoxe entre demande et capacité

Ce succès auprès des voyageurs contraste pourtant avec l'évolution de l'offre. L'ART relève en effet que, sur les lignes TGV strictement domestiques, le nombre de sièges-kilomètres proposés a diminué. À l'inverse, les TER et les Intercités ont vu leur offre croître de 3 % sur un an. L'instance prévient : « Le risque aujourd'hui n'est pas un manque de voyageurs, mais un manque de capacité pour les accueillir », formule-t-elle dans son rapport. En Île-de-France, la tendance est également contrastée : l'offre sur la plupart des lignes de RER recule, à l'exception du RER E. La ligne B du RER enregistre la baisse la plus marquée, avec une diminution de 3 % de l'offre en sièges-kilomètres. Côté Transilien, les évolutions vont de -5 % sur la ligne K à +6 % sur la ligne U.

Des prix stables pour les TGV classiques, en forte hausse pour les Ouigo

Contrairement à ce que pourrait laisser penser la pression sur la demande, les tarifs n'ont pas tous augmenté. Le prix moyen d'un billet de TGV classique est resté inchangé en 2025, tandis que celui des liaisons internationales a même reculé de 4 %. Un constat encourageant pour les usagers, même si la situation est radicalement différente pour les trains à bas coût de la SNCF. Les billets Ouigo ont bondi de 5 % sur un an, une progression supérieure à l'inflation. Surtout, l'ART note que, depuis 2019, les prix de ces TGV low cost ont flambé de 30 %. Comme l'avait déjà signalé la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) en février dernier, les tarifs auraient augmenté de 73 % entre 2017 et 2023.

Une part modale en progression

Au-delà des chiffres de fréquentation, le rapport de l'ART met en lumière un glissement modal favorable au rail. Entre 2019 et 2024, la part du train dans les déplacements des Français est passée de 9,2 % à 10,9 %, soit un gain de 1,7 point. Cette évolution intervient alors que la dynamique du transport routier est moins soutenue. L'Autorité estime que la tendance devrait se poursuivre, d'autant que la reprise du trafic entre la France et l'Italie, en mars 2025 après dix-neuf mois d'interruption, a mécaniquement contribué à la hausse récente de la fréquentation.