Nouveaux arrêts pour respecter les limites de température
La canicule qui frappe la France depuis le début de la semaine contraint EDF à réduire sa production nucléaire pour ne pas réchauffer excessivement les cours d'eau. Jeudi 25 juin, le groupe a mis à l'arrêt deux réacteurs supplémentaires, portant à trois le nombre d'unités inactives pour des raisons environnementales.
Dans l'Aube, le réacteur n°1 de la centrale de Nogent-sur-Seine a été stoppé jeudi matin, officiellement pour "causes externes liées à l'environnement". Cette mesure vise à respecter la réglementation qui interdit à la température de la Seine de dépasser 28 °C en aval du site, et limite l'élévation à 3 °C entre l'amont et l'aval.
Dans l'Ain, le réacteur n°3 de la centrale du Bugey, située sur les bords du Rhône, a également été arrêté jeudi matin pour les mêmes motifs. En Tarn-et-Garonne, le réacteur n°2 de Golfech avait déjà été mis à l'arrêt lundi soir ; le réacteur n°1 étant à l'arrêt pour maintenance depuis mai, la centrale est de facto totalement à l'arrêt. Par ailleurs, une unité de la centrale de Saint-Alban doit réduire sa production.
Un impact global encore limité
Ces arrêts, bien que spectaculaires, ne représentent qu'une faible part de la production annuelle d'EDF. L'entreprise estime la perte liée à ces contraintes environnementales à 0,3 % de sa production nucléaire totale. Cependant, le changement climatique pourrait aggraver cette situation : sans adaptation, la baisse pourrait atteindre en moyenne 1,4 % à l'horizon 2035, puis 1,5 % en 2050.
Les centrales nucléaires utilisent l'eau des fleuves ou de la mer pour refroidir leurs installations. En circuit ouvert, jusqu'à 100 % de l'eau prélevée est restituée, mais elle peut provoquer un échauffement du milieu aquatique de 4 à 6 °C en période d'étiage (débit minimal du cours d'eau). Les limites d'échauffement sont fixées site par site : à Golfech, la température du fleuve ne doit pas dépasser 28 °C après rejet.
Un plan d'adaptation à 8,7 milliards d'euros
Pour faire face aux épisodes de canicule, mais aussi aux sécheresses et aux crues qui se multiplient, EDF accélère la mise à niveau de ses infrastructures. Le groupe a annoncé un plan d'adaptation de ses installations nucléaires, hydrauliques et insulaires, représentant un investissement total de 8,7 milliards d'euros d'ici à 2040. Ce chantier vise à renforcer la résilience des centrales face aux aléas climatiques, tout en respectant les normes environnementales.
La question de l'adaptation au changement climatique devient centrale pour l'énergéticien, dont les 57 réacteurs nécessitent un refroidissement permanent. Le refroidissement des centrales électriques est la troisième activité consommatrice d'eau douce en France (12 %), après l'agriculture et l'eau potable.