Face à des coupures d'électricité qui paralysent le quotidien des Vénézuéliens et entravent l'économie, le gouvernement a officialisé une entente avec le conglomérat américain General Electric. L'annonce a été faite lundi par la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, lors d'une cérémonie au palais présidentiel de Miraflores.

Un diagnostic minutieux suivi d'objectifs chiffrés

L'accord prévoit, sur les vingt-quatre premiers mois, la récupération de 1 000 mégawatts de capacité de production. À l'horizon de quatre ans, ce sont plus de 5 000 mégawatts supplémentaires que le gouvernement entend réintégrer dans le réseau. Selon des données fournies par les autorités, la demande dépasse aujourd'hui l'offre : la production quotidienne atteint 12 000 mégawatts, tandis que la consommation s'élève à 14 000 mégawatts, un écart qui explique la fréquence des délestages.

Un député de l'opposition, Ezio Angelini, a rappelé qu'avant l'ère chaviste, le pays produisait 20 000 mégawatts. La nationalisation du secteur en 2007 avait entraîné le départ de quatorze entreprises, dont plusieurs opéraient avec des capitaux étrangers. Le réseau, vieillissant, n'a jamais été modernisé depuis.

General Electric a réalisé, pendant six semaines, une évaluation « très précise et très minutieuse du système électrique national, tant au niveau de sa génération hydrique que thermique », a expliqué la chef de l'État par intérim. Cette analyse a servi de base à la définition des travaux à entreprendre.

Un enjeu vital pour l'industrie pétrolière

Cette remise à niveau est considérée comme une condition préalable à la relance de l'industrie pétrolière, principale activité économique du Venezuela. Les experts estiment en effet que sans un réseau fiable, il est impossible d'attirer les investissements internationaux nécessaires à l'exploitation des hydrocarbures.

« C'est une étape historique », s'est félicitée Delcy Rodriguez. Elle a souligné que la réhabilitation du système électrique se fait « pour le bien-être de l'ensemble du pays » et afin de créer « les conditions nécessaires aux investissements internationaux qui affluent au Venezuela ».

Un contexte de profondes réformes

Le pays est engagé dans une vaste restructuration de son économie depuis la capture, en janvier, de l'ancien dirigeant Nicolas Maduro par les États-Unis. Le Parlement a notamment entamé, début juin, des travaux préparatoires à une réforme visant à rouvrir le secteur électrique aux acteurs privés, marquant une rupture avec la politique de nationalisation menée sous le chavisme.

Le 7 mai, un pic de consommation a été enregistré à 15 579 mégawatts, un niveau inégalé depuis neuf ans, selon les données officielles. La capitale, Caracas, longtemps relativement épargnée, est désormais elle aussi touchée par des pannes pouvant durer jusqu'à dix heures par jour.

Cette entente avec General Electric s'inscrit dans une série de mesures visant à restaurer la confiance des investisseurs étrangers et à sortir le pays de la grave crise énergétique qui l'affaiblit.