Le gouvernement vénézuélien a franchi une étape majeure en signant un accord avec le géant américain General Electric pour la réhabilitation de son système électrique défaillant. L'annonce a été faite lundi par la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, lors d'une cérémonie télévisée au palais présidentiel. L'accord concerne la filiale General Electric Vernova, la branche locale de l'entreprise. La dirigeante a qualifié cette signature de « pas historique pour le Venezuela », affirmant qu'elle permettrait au pays de rétablir un service considéré comme essentiel.

Le réseau électrique vénézuélien, nationalisé en 2007 sous l'ère du président Hugo Chávez, souffre d'un manque chronique d'investissements et d'entretien. Les coupures de courant, qui durent souvent dix heures ou plus, affectent les grandes villes, dont la capitale Caracas. Le précédent gouvernement, dirigé par Nicolás Maduro, avait attribué ces pannes à la sécheresse et à la baisse du niveau du barrage hydroélectrique de Guri, principale source d'électricité. Cependant, les analystes estiment que le sous-investissement et une consommation élevée sont les véritables causes de cette crise énergétique, laquelle constitue un frein à la reprise économique du pays.

Un nouveau ministre de l'Énergie

Cet accord a été négocié sous la direction du ministre de l'Énergie, Rolando Alcalá, un ingénieur électricien nommé il y a trois mois par Delcy Rodríguez. Sa nomination est perçue comme un changement positif, après six années durant lesquelles le ministère était dirigé par des hauts gradés militaires qui n'avaient pas réussi à résoudre les problèmes du réseau.

Une ouverture économique et une coopération sécuritaire

Ce partenariat s'inscrit dans un mouvement plus large d'ouverture de l'économie vénézuélienne aux investisseurs et entreprises américains, initié par la présidente Rodríguez, pourtant ancienne critique virulente des États-Unis avant l'éviction de son prédécesseur. La coopération bilatérale s'est notamment illustrée la semaine dernière par une frappe militaire américaine qui a tué le chef du gang Tren de Aragua, menée, selon le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, « en pleine coopération avec les forces de sécurité vénézuéliennes ».

L'opposition réclame des réformes politiques

Si l'accord est salué comme un signe de détente économique, les membres de l'opposition vénézuélienne soulignent que les institutions clés de l'État – législatif, exécutif, judiciaire et le conseil électoral – restent dominées par des fidèles de l'ancien président Maduro. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a récemment déclaré devant le Congrès que la réponse ultime pour le Venezuela résidait dans « une élection démocratique libre et équitable », condition nécessaire pour attirer les investissements souhaités. Il a précisé que cela impliquait des médias libres, un espace pour l'organisation des partis politiques et un nouveau conseil électoral, sans toutefois fixer de calendrier pour un scrutin.