Une vague haussière sur les marchés mondiaux

Les indices boursiers ont connu une nette progression jeudi et vendredi, portés par le revirement diplomatique américain à l'égard de l'Iran. Le président des États-Unis, Donald Trump, a affirmé avoir renoncé à des frappes planifiées contre Téhéran et a laissé entendre qu'un accord de paix pourrait être signé dès ce week-end. « Nous venons de conclure un grand règlement de la guerre avec l'Iran… sous réserve de la finalisation des documents », a-t-il déclaré devant la presse dans le Bureau ovale. Téhéran n'a pas officiellement confirmé cette version, mais un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué qu'un « mémorandum d'entente » avec Washington était « à l'étude ».

Cette annonce a mis fin à une série de trois séances de baisse à Wall Street. L'indice S&P 500 a clôturé jeudi en hausse de près de 1,8 %, réalisant sa meilleure performance quotidienne depuis avril. Le Nasdaq, à dominante technologique, a bondi de 2,5 %, tandis que le Dow Jones a gagné environ 1,9 %. La tendance s'est prolongée vendredi dans la zone Asie-Pacifique, où les Bourses de Tokyo, Séoul, Taipei, Hong Kong et Sydney ont toutes affiché des gains.

Des records régionaux et un apaisement sur le pétrole

La Corée du Sud a particulièrement brillé : l'indice Kospi, déjà le plus performant des grands indices mondiaux cette année, a bondi de plus de 8 % dans les premiers échanges. Au Japon, le Nikkei 225 a grimpé de 4 %. Taïwan a vu son indice TAIEX progresser d'environ 2,4 %, et l'Australie a enregistré une hausse de 1,8 % pour son ASX 200. À Hong Kong, le Hang Seng s'est apprécié de plus de 1 %.

Les espoirs de désescalade ont également pesé sur les cours du pétrole. Le Brent, référence internationale, a reculé d'environ 1 %, passant sous la barre des 89,50 dollars le baril. Les investisseurs anticipent un retour à la normale dans le détroit d'Ormuz, voie maritime par laquelle transite en temps de paix environ un cinquième des approvisionnements énergétiques mondiaux.

Analystes et perspectives

Khoon Goh, responsable de la recherche Asie pour la banque ANZ, a estimé que la poursuite de la reprise dépendra de la concrétisation de l'accord et surtout de la réouverture complète du détroit d'Ormuz. « Pour que la hausse se maintienne, les investisseurs voudront non seulement voir l'accord effectivement signé, mais aussi une réouverture complète du détroit d'Ormuz, a-t-il expliqué. Ce n'est qu'à ce moment-là que les gains pourront s'étendre. »

Fabien Yip, analyste de marché chez le courtier en ligne IG Group à Sydney, a souligné que ce mouvement témoignait d'une « atténuation significative du risque géopolitique ». Il a également relevé que l'enthousiasme était renforcé par l'entrée en Bourse très attendue de SpaceX vendredi, la plus importante de l'histoire. Selon lui, le rebond asiatique confirme que « l'intérêt pour les achats à bon compte reste authentique », et que la correction récente ressemble moins à une rupture structurelle du marché haussier qu'à une « réinitialisation saine » après une avancée rapide.

La situation reste toutefois suspendue à la signature effective des documents entre Washington et Téhéran, dont la teneur précise n'a pas été divulguée.