Les marchés boursiers américains ont fortement progressé à l'ouverture de la semaine, les investisseurs saluant l'accord-cadre mettant fin au conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran. L'espoir d'une normalisation des flux énergétiques, perturbés depuis plusieurs mois dans le détroit d'Ormuz, a soutenu les indices.
Une séance record pour le Dow Jones
L'indice S&P 500 a grimpé de 1,7 % lundi 16 juin, se rapprochant de son plus haut historique. Le Dow Jones Industrial Average a pour sa part gagné 0,9 %, atteignant un nouveau record de clôture. La progression la plus spectaculaire est à mettre au compte du Nasdaq Composite, qui a bondi de 3,1 %, porté notamment par l'entrée en Bourse de SpaceX vendredi dernier — la plus importante de l'histoire — et par la valorisation record d'Elon Musk, devenu le premier trillionnaire de la planète grâce à un gain de 19,6 % du titre.
Le pétrole plonge, les places asiatiques hésitent
Symbole de l'apaisement géopolitique, les cours du pétrole ont nettement reculé. Le Brent, référence mondiale, a chuté de près de 5 % pour s'établir légèrement au-dessus de 83 dollars le baril, son niveau le plus bas depuis le début des hostilités. Ce repli reflète l'anticipation d'une reprise progressive du trafic dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié.
En Asie, la tendance était moins franche. Vers 01h30 GMT, l'indice Nikkei 225 de Tokyo cédait 0,01 %, tandis que le Kospi sud-coréen — le grand gagnant de l'année — reculait de 0,06 %. Le TAIEX taïwanais s'adjugeait 0,2 %, alors que le Hang Seng de Hong Kong abandonnait 0,07 %. Ces variations modestes contrastent avec la forte hausse enregistrée vendredi après l'annonce de l'accord par le président américain.
Un optimisme tempéré par les délais de normalisation
L'enthousiasme des opérateurs reste toutefois mesuré. Selon la Chambre internationale de la navigation, environ 500 navires attendent toujours de pouvoir franchir le détroit d'Ormuz. Le déminage des eaux, potentiellement infestées de mines navales iraniennes, et la réduction de l'important arriéré de bâtiments pourraient prendre plusieurs mois avant que les flux énergétiques ne retrouvent leur rythme normal.
Jay Goldberg, analyste senior chez Seaport Research Partners à Chicago, résume le sentiment des investisseurs : « Les dépenses dans l'intelligence artificielle restent solides, mais une guerre était en cours. Désormais, la guerre semble terminée, ce qui fait tomber un pan de l'argumentaire de prudence. Les investisseurs se sentent plus à l'aise pour prendre davantage de risques. »
Vers une stabilisation progressive
Si la conclusion de l'accord a d'ores et déjà dopé les actifs risqués, la reprise effective des approvisionnements pétroliers et gaziers dépendra de la sécurisation du détroit d'Ormuz et de la résorption du goulot d'étranglement maritime. Les autorités américaines ont indiqué qu'il faudrait compter « des mois » avant que les prix des carburants aux États-Unis ne se normalisent. En attendant, la détente géopolitique a suffi à rassurer les marchés, qui parient sur une baisse durable des coûts de l'énergie et une reprise de l'activité industrielle mondiale.