L’Union européenne (UE) doit démontrer sa capacité et sa volonté d’intégrer de nouveaux membres, ont déclaré plusieurs dirigeants lors d’un sommet organisé vendredi 5 juin 2026 à Tivat, station balnéaire du Monténégro. Cette réunion annuelle avec les six pays candidats des Balkans occidentaux a été dominée par la question de l’élargissement, perçu comme un impératif géostratégique dans un contexte de tensions avec la Russie et la Chine, ainsi que de relations ambivalentes avec les États-Unis.

« L’UE doit montrer qu’elle est capable de s’élargir et qu’elle le souhaite »

Le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé devant la presse que « l’UE doit montrer qu’elle est capable de s’élargir et qu’elle le souhaite ». Il a souligné que l’absence de nouveau membre depuis treize ans révélait des « lacunes » au sein du bloc. « Il y a toute une série de questions que nous devons résoudre ensemble, mais avant tout, il doit être clair que cette partie de l’Europe appartient à l’avenir de l’UE », a-t-il ajouté.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé à rendre le « processus d’élargissement plus rapide et plus crédible ». Elle a qualifié l’élargissement « d’impératif géostratégique, ainsi que d’investissement à long terme dans notre paix, notre stabilité et notre sécurité », tout en insistant sur la nécessité de le rendre « plus dynamique ».

Une initiative franco-allemande pour « lancer un processus graduel »

Le sommet a été marqué par le soutien à une initiative conjointe franco-allemande visant à insuffler un nouvel élan au processus d’adhésion. Ce plan prévoit d’offrir des incitations aux candidats qui accélèrent leurs réformes. Parmi les mesures évoquées figurent la participation des pays candidats comme observateurs aux réunions des instances européennes, une intégration avancée dans la zone euro (notamment pour les paiements) ou encore l’inclusion dans le système de roaming sans frais supplémentaires.

« Nous allons maintenant lancer un processus graduel », a déclaré Friedrich Merz, en soulignant que ce processus devait être accéléré. « Il n’y aura plus d’excuses », a-t-il prévenu. Le président français Emmanuel Macron, présent au sommet, a également souligné l’importance de la région pour l’UE en matière d’énergie, de sécurité et de routes migratoires. Il a précisé qu’un pays candidat aligné sur certains critères de l’UE pourrait être autorisé à participer à certains formats du bloc, comme les réunions du Conseil.

« L’investissement géopolitique le plus important »

Le président du Conseil européen, Antonio Costa, qui avait effectué une tournée dans la région avant le sommet, a estimé que l’élargissement aux Balkans occidentaux « est l’investissement géopolitique le plus important que l’Union européenne réalise ». « Ce n’est pas seulement une opportunité, c’est une nécessité géostratégique pour l’Europe. Et pour cela, nous devons travailler plus dur et plus rapidement », a-t-il ajouté.

Le Monténégro, candidat en tête de liste

Parmi les six pays candidats – Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Serbie et Monténégro – c’est ce dernier qui est considéré comme le plus avancé. Ce petit pays montagneux de 623 000 habitants a adopté l’euro comme monnaie de facto dès 2002, a proclamé son indépendance de la Serbie en 2006 et a rejoint l’OTAN en 2017. Avec un soutien populaire à l’adhésion estimé à environ 80 %, le Monténégro se présente comme l’« épicentre de l’euro-optimisme » et vise à devenir le 28e État membre de l’UE d’ici 2028.