L'Autorité de la concurrence et des marchés du Royaume-Uni (CMA) a annoncé une décision qui modifie les règles encadrant les services de recherche de Google. Désormais, les éditeurs de presse et les producteurs de contenus basés au Royaume-Uni peuvent choisir de ne pas apparaître dans les résultats enrichis par l'intelligence artificielle du moteur de recherche, notamment dans la fonctionnalité « AI Overviews » (aperçus par IA).

Cette faculté d'opt-out, obtenue à l'issue de discussions entre le régulateur et le géant américain, vise à rééquilibrer les relations commerciales entre Google et les créateurs de contenus. Selon la CMA, cette avancée permet aux éditeurs de se trouver « dans une position plus forte pour négocier des accords de contenu avec Google ». En pratique, un éditeur qui refuse l'utilisation de ses articles pour alimenter les résumés générés par IA pourra continuer à apparaître dans les résultats de recherche classiques, sans que cela nuise à son référencement.

Un contexte de tensions sur la rémunération des contenus

Cette évolution intervient alors que les éditeurs de presse du monde entier critiquent les pratiques de Google et d'autres plateformes, accusées d'utiliser gratuitement des contenus journalistiques pour entraîner leurs modèles d'IA ou pour générer des réponses synthétiques qui réduisent le trafic vers les sites d'information. Au Royaume-Uni, la CMA mène depuis plusieurs années une enquête sur les marchés de la recherche et de la publicité en ligne, et cette mesure s'inscrit dans une série de engagements pris par Google pour répondre aux préoccupations concurrentielles.

Le régulateur souligne que cette option d'opt-out ne concerne que les fonctionnalités spécifiques d'IA de Google, et non l'indexation générale du web. Les éditeurs conservent le contrôle de leurs données et peuvent décider de la manière dont leurs contenus sont utilisés dans les produits d'IA générative. Google s'est engagé à mettre en place un mécanisme simple pour que les éditeurs puissent exercer ce droit, sans pénalité sur leur visibilité dans les résultats de recherche traditionnels.

Réactions et implications

Les associations professionnelles d'éditeurs britanniques ont accueilli favorablement cette décision, y voyant une reconnaissance du droit d'auteur et de la valeur des contenus journalistiques à l'ère de l'IA. Certaines voix estiment toutefois que cette mesure ne résout pas entièrement le problème de la rémunération indirecte, car Google pourrait continuer à utiliser des contenus provenant de sources libres ou de bases de données sous licence.

Cette annonce pourrait servir de précédent pour d'autres juridictions, alors que l'Union européenne, le Canada et l'Australie explorent des mécanismes similaires pour encadrer l'utilisation des œuvres protégées par les intelligences artificielles génératives. Le gouvernement britannique, par l'intermédiaire de la CMA, entend ainsi concilier innovation technologique et protection des industries culturelles.

Prochaines étapes

Les modalités pratiques de l'opt-out devraient être précisées dans les semaines à venir, avec la publication par Google d'une procédure dédiée dans sa console de recherche. La CMA continuera de surveiller la mise en œuvre de ces engagements et pourra imposer des mesures supplémentaires si nécessaire. Les éditeurs sont invités à se renseigner auprès de leurs représentants professionnels pour activer cette option.