Une enquête réalisée par le Boston Consulting Group met en lumière un paradoxe dans l'adoption de l'intelligence artificielle en entreprise. D'après les données collectées, les employés parviennent à libérer jusqu'à une journée entière de travail par semaine grâce aux outils d'IA. Pourtant, une large majorité d'entre eux se trouve démunie face à ce temps gagné.
Près de 61 % des personnes interrogées indiquent n'avoir reçu que peu, voire aucune consigne sur la manière d'utiliser ces heures économisées. Ce manque de directives risque de limiter les bénéfices escomptés de l'IA, les gains de productivité potentiels n'étant pas réinvestis dans des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Les entreprises qui déploient l'IA semblent négliger la phase de réorganisation du travail qui devrait accompagner cette transition technologique. Sans réaffectation claire du temps dégagé, le risque est de voir ces gains se diluer ou de générer une surcharge cognitive chez les collaborateurs.
L'étude suggère que les directions devraient élaborer des stratégies précises pour redéployer les ressources humaines vers l'innovation, la formation ou l'amélioration des processus. À défaut, l'IA pourrait n'apporter qu'un avantage théorique, sans transformation réelle des modes de fonctionnement.