L'escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran a franchi une nouvelle étape, mercredi 10 et jeudi 11 juin 2026. Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé, dans un message publié sur le réseau social X, avoir « achevé » sa dernière série de frappes sur le territoire iranien. Selon ce communiqué, les forces américaines — incluant des éléments du corps des Marines, de l'armée de l'Air et de la marine — ont lancé des munitions de précision contre des « capacités de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne » à travers l'Iran. CENTCOM justifie cette action par la nécessité de répondre à « l'agression continue et injustifiée » de Téhéran, et affirme que ces cibles représentaient une menace pour les forces américaines et les navires marchands internationaux transitant dans les eaux régionales. « Les forces américaines restent vigilantes, létales et prêtes », conclut le texte.
Les Gardiens de la révolution ripostent
En réaction à ces bombardements, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a affirmé avoir pris pour cible des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. Dans un communiqué, l'IRGC déclare avoir mené « deux vagues d'opérations » durant lesquelles « dix-huit cibles importantes appartenant à l'armée américaine » ont été touchées sur les bases aériennes d'Ali Al Salem et d'Ahmed Al Jaber au Koweït. L'armée iranienne indique également avoir visé la « base aérienne Sheikh Isa » à Bahreïn. Aucune information n'a filtré sur l'étendue des dégâts causés par ces tirs.
Par ailleurs, les autorités iraniennes ont annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz après les nouvelles frappes américaines, une information que le Pentagone a démentie, affirmant que le détroit restait ouvert à la navigation.
Nouvel appel à la désescalade de l'ONU
Dans ce contexte de tensions accrues, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lancé un appel pressant à la modération. « Le Moyen-Orient est entraîné plus profondément dans la crise et les conséquences dépassent largement la région », a-t-il averti. Constatant que « cette semaine a apporté des attaques plus larges et une nouvelle détérioration là où le cessez-le-feu ressemble plus à un feu réduit », il a exhorté toutes les parties à œuvrer en faveur d'une solution diplomatique. « Plus d'attaques. Plus d'excuses », a-t-il martelé.
Déclarations contradictoires sur d'éventuels contacts
Sur le plan des tractations, une divergence de récits est apparue. Le président américain Donald Trump a déclaré à la chaîne Fox News avoir eu un entretien avec de hauts responsables iraniens qui lui auraient demandé d'arrêter les bombardements. Les autorités iraniennes ont formellement démenti cette version. Aucune source indépendante n'a permis de confirmer l'une ou l'autre des affirmations.
Contexte de l'escalade
Ces nouveaux affrontements s'inscrivent dans une série d'hostilités croissantes. Washington avait précédemment imputé à Téhéran la responsabilité du crash d'un hélicoptère d'attaque au large d'Oman, ce qui avait déclenché un premier round de frappes américaines contre des sites iraniens. En retour, les Gardiens de la révolution avaient déjà lancé des attaques contre des bases américaines au Koweït et à Bahreïn avant ces dernières frappes. La situation reste extrêmement tendue, et les appels internationaux à une désescalade se multiplient sans pour l'instant infléchir la position des deux camps.