Pétrole et actions en hausse malgré des frappes réciproques
Les investisseurs ont fait preuve de résilience lundi, alors que les prix du pétrole et les principaux indices boursiers progressaient en dépit d’une nouvelle salve d’attaques entre les États-Unis et l’Iran. Le baril de Brent, référence internationale, a bondi de plus de 2 % pour s’établir aux alentours de 93 dollars pour livraison en août, contrat le plus actif. Dans le même temps, le brut léger américain (West Texas Intermediate) a grimpé de près de 3 %, atteignant environ 90 dollars pour livraison en juillet.
Parallèlement, les marchés actions ont également profité d’un regain d’optimisme. Les contrats à terme sur l’indice S&P 500 laissaient présager une ouverture modérément positive à Wall Street. En Asie, où les importations d’hydrocarbures sont massives, les places financières ont affiché des performances contrastées mais globalement positives : l’indice KOSPI de Séoul a bondi de 4 %, tandis que le Nikkei 225 de Tokyo et le Hang Seng de Hong Kong gagnaient près de 1 %.
Des frappes qui n’enterrent pas la diplomatie
Les tensions militaires se sont intensifiées durant le week-end. Les États-Unis ont annoncé avoir mené une série de frappes « d’autodéfense » en Iran, s’inscrivant dans une escalade débutée la semaine précédente. Ces raids américains faisaient suite à une déclaration des Gardiens de la révolution iraniens affirmant avoir visé une base aérienne américaine en représailles à une première attaque américaine contre un centre de communications.
Pourtant, les regards restent tournés vers les pourparlers. Plusieurs signaux indiquent que les deux parties continuent de négocier un accord de paix durable, même si l’issue reste incertaine. La fragilité du cessez-le-feu a été rappelée aux investisseurs ces derniers jours, alors que Washington a ciblé des positions iraniennes près du détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transport du pétrole. Le trafic commercial dans cette zone, qui avait timidement repris, s’est de nouveau réduit à presque rien.
Les prix à la pompe baissent légèrement
Pendant ce temps, le prix de l’essence à la pompe a continué de reculer aux États-Unis, tombant à une moyenne nationale de 4,34 dollars le gallon, selon l’Automobile Association of America (AAA). Bien que cette baisse soit notable, le coût du carburant a augmenté de 46 % depuis le début du conflit. Le gazole a également fléchi d’un centime, à 5,48 dollars le gallon, en hausse de 46 % par rapport au début de la guerre.
Les analystes observent que les prix à la pompe ne suivent pas mécaniquement les fluctuations du brut, avec un décalage de quelques jours. L’incertitude demeure sur l’évolution des tensions militaires et la capacité des négociateurs à conclure un accord susceptible de rouvrir le détroit d’Ormuz à un trafic normal.