Les cours du pétrole ont connu une hausse modérée lundi à l'ouverture des marchés asiatiques, après que l'Iran a lancé des missiles contre Israël, une première depuis l'entrée en vigueur d'une trêve fragile en avril. Le baril de Brent, référence mondiale, a bondi de 2,6 % pour atteindre 95,50 dollars, tandis que le brut américain a gagné 2,5 %, à 92,75 dollars. Cette tension intervient alors que les acteurs financiers évaluent depuis plusieurs semaines l'impact d'un conflit qui perturbe les flux énergétiques dans le golfe Persique.
Escalade militaire et menaces de nouvelles frappes
Les Gardiens de la révolution iraniens ont prévenu que ces tirs constituent le début d'« une semaine complète » d'attaques. De son côté, l'armée israélienne a annoncé son intention de « frapper l'ennemi » dès que l'ordre sera donné. La trêve, en vigueur depuis le 17 avril, a été violée à plusieurs reprises par les deux parties. Les hostilités avaient déjà connu une escalade significative fin février, lorsque les États-Unis et Israël avaient lancé des frappes contre l'Iran.
Appel à la retenue de Washington
Face à cette nouvelle flambée de violence, le président américain a indiqué qu'il allait exhorter le Premier ministre israélien à ne pas riposter. « Je vais appeler Bibi tout de suite et lui dire de ne pas riposter », a-t-il confié, employant le surnom de Benjamin Netanyahu. Il a justifié cette position par la proximité d'un accord avec Téhéran : « Nous sommes très proches d'un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il vole en éclats à cause de ce qui se passe maintenant. »
Impact sur les marchés et le commerce maritime
Les prix du pétrole évoluent autour de la barre des 95 dollars depuis une semaine, les courtiers pesant les conséquences à long terme du conflit sur les approvisionnements énergétiques mondiaux. La guerre a déjà perturbé les livraisons de pétrole et de gaz en provenance du Golfe, après que l'Iran a menacé de frapper les navires tentant d'emprunter le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite une part importante du brut mondial.
Perspectives diplomatiques encore ouvertes
Malgré les frappes, la perspective d'un règlement négocié n'est pas totalement enterrée. Les propos du président américain suggèrent que des discussions de dernière minute pourraient éviter une escalade incontrôlée. Les marchés, tout en intégrant le risque géopolitique, semblent miser sur une issue diplomatique plutôt que sur un embrasement généralisé du Moyen-Orient. Reste à savoir si l'appel à la retenue sera entendu par les deux camps dans les prochaines heures.