Une nouvelle phase de pourparlers entre les États-Unis et l'Iran s'ouvre ce week-end en Suisse, a-t-on appris samedi de sources officielles. Une équipe iranienne de négociation a atterri à l'aéroport international de Zurich tandis que le vice-président américain, JD Vance, a pris la direction de la Confédération helvétique pour participer aux discussions, rapportent les médias d'État iraniens et les déclarations de responsables américains.
Selon le Pakistan, qui a joué le rôle d'intermédiaire dans ce processus de paix, des « discussions techniques » doivent s'engager dimanche en Suisse. Elles réuniront des représentants de Washington et de Téhéran, ainsi que des médiateurs pakistanais et qataris. Il n'est pas encore établi si les échanges se dérouleront en face-à-face, comme lors du précédent cycle de négociations à Islamabad, au Pakistan, qui s'était soldé par un échec après vingt et une heures de discussions.
Avant de quitter la base aérienne de Joint Base Andrews, samedi, M. Vance a déclaré aux journalistes qu'il resterait en Suisse « un jour ou deux » pour les pourparlers de paix. Il a précisé que les envoyés du président Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se trouvaient déjà sur place, prêts à négocier.
Une délégation iranienne de haut rang
La délégation iranienne est conduite par le général Mohammad Bagher Ghalibaf, négociateur en chef de Téhéran lors des précédentes rencontres et président du Parlement iranien, ont indiqué les médias d'État. Elle comprend également le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et le porte-parole du ministère, Esmail Baghaei, parmi d'autres responsables.
M. Baghaei a déclaré à la presse d'État que ce déplacement visait à « suivre la mise en œuvre des engagements de l'autre partie », et a prévenu que « les négociations sur un accord final » ne débuteraient que lorsque l'Iran estimerait que les États-Unis respectent l'accord en vigueur. Téhéran accuse Washington de ne pas avoir tenu ses promesses en ne contenant pas les hostilités entre Israël et le Hezbollah au Liban. Les deux parties ont de nouveau échangé des tirs samedi, malgré l'annonce d'un cessez-le-feu au Liban vendredi. L'accord américano-iranien prévoit pourtant une trêve sur tous les fronts, y compris libanais, mais ni Israël ni le Hezbollah n'ont signé ce pacte.
Des enjeux nombreux et épineux
Ces discussions interviennent dans un contexte délicat. La prochaine phase des pourparlers américano-iraniens devait initialement débuter vendredi, mais elle a été reportée après la poursuite des affrontements entre Israël et le Hezbollah au Liban. Téhéran a estimé que les frappes israéliennes violaient le mémorandum d'entente, et l'armée iranienne est allée plus loin samedi en annonçant la fermeture du détroit d'Ormuz en représailles.
De nombreuses questions restent en suspens, qui pourraient être abordées durant les négociations. L'accord intérimaire conclu entre le président Trump et l'Iran a renvoyé l'avenir du programme nucléaire iranien à des discussions ultérieures, n'a pas abordé le programme de missiles de Téhéran et n'a pas résolu la question du maintien de la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale au large du sud de l'Iran.
M. Vance a indiqué aux journalistes avant son départ qu'il espérait que les négociateurs pourraient « progresser sur la question nucléaire » et sur « la question du cessez-le-feu au Liban », ajoutant qu'il était « certain que les Iraniens auront aussi des sujets qu'ils souhaiteront aborder ».