Pour la première fois, un migrant expulsé du territoire américain a été transféré vers les Palaos, un petit État insulaire du Pacifique, en vertu d'un accord bilatéral signé en décembre 2025. Les autorités palaosiennes ont confirmé l'arrivée de cet homme à la fin du mois de mai, mais ont précisé qu'il avait choisi de ne pas rester après environ deux semaines.

Le bureau de la présidence des Palaos a indiqué avoir accueilli cette personne à l'aéroport, l'avoir conduite vers un logement temporaire et l'avoir aidée à s'installer, notamment en connectant son téléphone. L'individu a ensuite décidé de partir, sans que les motifs de son départ ni sa destination ultérieure ne soient divulgués. Selon une porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), l'homme a été contacté par l'agence onusienne mais a refusé l'assistance proposée.

Un accord financier et migratoire

Ce transfert s'inscrit dans le cadre d'un protocole d'accord signé en décembre 2025 entre Washington et Melekeok. Le texte autorise l'envoi vers les Palaos de jusqu'à 75 ressortissants de pays tiers se trouvant aux États-Unis et visés par une mesure d'éloignement. En contrepartie, l'administration américaine verse à l'archipel 7,5 millions de dollars destinés à financer des services publics et des infrastructures.

Les conditions de l'accord prévoient que les migrants expulsés doivent présenter un casier judiciaire vierge. Les Palaos disposent par ailleurs d'un droit de veto sur la sélection des personnes qui sont acheminées sur leur territoire.

Des précédents et un contexte géopolitique

Cette opération s'inscrit dans la politique d'expulsion renforcée menée par l'administration Trump, qui a cherché à envoyer des sans-papiers et des demandeurs d'asile vers des pays tiers tels que l'Ouganda, le Salvador ou le Rwanda. Les Palaos constituent une destination nouvelle et lointaine pour ces éloignements.

L'archipel, peuplé d'environ 20 000 habitants répartis sur des centaines d'îles, est situé à quelque 800 kilomètres à l'est des Philippines. Depuis l'arrivée au pouvoir du président Surangel Whipps en 2020, la présence militaire américaine s'y est accrue, dans un contexte de montée des activités chinoises dans le détroit de Taïwan.

Les Palaos sont indépendants depuis 1994, mais un accord de « libre association » autorise l'armée américaine à utiliser son territoire. En échange, Washington verse des centaines de millions de dollars de soutien budgétaire et assure la défense nationale du pays.