L'administration américaine a refusé au constructeur suédois Polestar l'autorisation de vendre ses nouveaux véhicules électriques aux États-Unis à compter de l'année-modèle 2027. La décision a été annoncée par le département du Commerce, qui applique une réglementation visant à restreindre la présence de logiciels ou de composants matériels d'origine chinoise dans les véhicules connectés commercialisés sur le sol américain.

Polestar, détenue majoritairement par le groupe chinois Zhejiang Geely Holding, avait sollicité une dérogation spéciale pour pouvoir continuer à écouler sa gamme sur le marché nord-américain. Cette demande a été rejetée, contrairement à celle accordée quelques semaines plus tôt à Volvo, autre marque du même conglomérat.

Maintien des ventes des modèles existants

Le constructeur a précisé qu'il poursuivra la vente des stocks déjà disponibles de ses SUV Polestar 3 et Polestar 4 aux États-Unis. Il a également indiqué qu'il continuera d'assurer le service après-vente et l'accès à son réseau de maintenance pour les clients actuels. En revanche, les futurs modèles comme la berline Polestar 5 ou le roadster Polestar 6 ne seront pas proposés sur le marché américain.

Polestar a souligné que 94 % de son volume de ventes au détail au premier trimestre 2026 provenait de marchés situés hors des États-Unis. La marque entend désormais renforcer sa présence en Europe, qu'elle présente comme son principal moteur de croissance.

Un virage stratégique vers l'Europe

« L'industrie automobile entre dans une nouvelle phase fondée sur des dynamiques régionales, a déclaré Michael Lohscheller, directeur général de Polestar. Notre stratégie reflète cette évolution : l'Europe constitue notre principal relais de croissance et nous prévoyons de fabriquer la Polestar 7 sur le continent européen. »

Le dirigeant a également mentionné que les ventes record enregistrées par la marque en 2025 et au début de 2026 témoignent d'une dynamique positive, tandis que plusieurs lancements sont prévus en Europe cette année. Polestar entend également investir dans d'autres marchés porteurs, notamment l'Asie du Sud-Est, l'Europe de l'Est, l'Amérique latine et le Canada.

Un contexte protectionniste

La réglementation invoquée par Washington, adoptée sous l'administration précédente de Joe Biden, cible les risques pour la sécurité nationale liés à l'utilisation de technologies chinoises dans les systèmes de connectivité des véhicules. Elle interdit l'importation de voitures contenant certains logiciels ou composants matériels conçus ou développés en Chine.

Curieusement, le Polestar 3 est assemblé en Caroline du Sud, dans l'usine de Volvo située près de Charleston. Les Polestar 4 destinés au marché américain étaient quant à eux fabriqués en Corée du Sud. Toutefois, une grande partie de la production du groupe demeure implantée en Chine.

La décision illustre les tensions commerciales persistantes entre les États-Unis et la Chine dans le secteur automobile, et confirme la tendance protectionniste qui gagne l'ensemble de l'échiquier politique américain.