L'armée américaine a annoncé le retrait de la quasi-totalité des forces qu'elle avait déployées au Nigeria pour participer à une opération spéciale contre les combattants de l'organisation État islamique (EI). Le général Dagvin Anderson, du commandement américain pour l'Afrique (AFRICOM), a fait cette déclaration lors d'une conférence des chefs de la défense africaine à Luanda, en Angola.

« Nous avons retiré la majeure partie de nos forces qui étaient présentes uniquement pour cette opération », a-t-il précisé, tout en ajoutant que les États-Unis poursuivaient le partenariat demandé par le Nigeria en matière de partage de renseignements et de compréhension nécessaires pour mener à bien ces missions difficiles.

Des divergences sur le calendrier de l'opération

Les informations disponibles présentent des versions différentes quant au début de l'opération conjointe. Selon certaines sources, les frappes américano-nigérianes auraient commencé en mai, tandis que d'autres évoquent des actions lancées dès décembre de l'année précédente, suivies du déploiement d'environ deux cents soldats américains deux mois plus tard. Le mois de mai est également cité comme période de l'offensive majeure qui aurait permis de tuer près de deux cents membres de l'EI dans la région du lac Tchad, dans le nord-est du Nigeria. Parmi les morts figure Abu-Bilal al-Minuki, le numéro deux mondial du groupe djihadiste, dont la mort avait été annoncée par le président américain.

Des responsables nigérians saluent une mission réussie

Le ministre nigérian de la Défense, Christopher Musa, a confirmé que les troupes de combat américaines avaient été déployées spécifiquement pour cette opération. « Ils sont venus, ont fait leur travail et sont repartis », a-t-il déclaré, soulignant que cette mission avait également perturbé les communications et les opérations de l'EI.

Interrogé sur l'impact de ce départ, le porte-parole militaire nigérian, le général de division Michael Onoja, a affirmé que le retrait des soldats américains « n'affectera en rien notre élan ».Il a également indiqué que le partage de renseignements entre les deux pays se poursuivrait, ce que le commandement américain a confirmé.

Un autre porte-parole, le général de division Samaila Uba, a précisé que les personnels militaires américains déjà stationnés au Nigeria avant l'opération dans le bassin du lac Tchad étaient restés dans le pays.

Une menace djihadiste persistante

Malgré le succès revendiqué de l'opération, les groupes djihadistes continuent de mener des attaques, notamment dans le nord-est du Nigeria. Le général Anderson a estimé que l'état-major local de l'EI et son réseau global avaient été « significativement dégradés » par l'opération conjointe, limitant sa capacité à communiquer. Les analystes estiment qu'environ 90 % des attaques de l'EI dans le monde se produisent désormais en Afrique subsaharienne, la branche nigériane étant de loin la plus active.

Le Nigeria est confronté à de multiples défis sécuritaires : aux groupes djihadistes s'ajoutent le banditisme et la violence criminelle, qui se sont propagés du nord vers le centre et le sud du pays. La coopération militaire entre les deux pays s'était intensifiée après que Washington avait accusé les autorités nigérianes de ne pas protéger suffisamment les groupes vulnérables face aux djihadistes, évoquant un « génocide chrétien » – accusation fermement rejetée par Abuja, qui souligne la complexité des violences touchant toutes les communautés. Des organisations de suivi de la violence politique indiquent que la majorité des victimes des groupes djihadistes sont des musulmans, car ces groupes opèrent principalement dans le nord du pays, à majorité musulmane.