Les autorités judiciaires américaines ont officialisé, mercredi 10 juin, la saisie de treize noms de domaine sur internet. Ces sites sont présumés avoir servi de couverture à des opérations de collecte d’informations sensibles au profit d’intérêts chinois, selon un communiqué du bureau du procureur fédéral du district de Columbia et du FBI.

Un réseau de faux recrutements

D’après les enquêteurs fédéraux, ces plateformes se présentaient comme des sociétés de recrutement légitimes, proposant des postes d’analyste en affaires internationales, d’analyste de la défense, de consultant ou encore destinés à d’anciens militaires. En réalité, elles auraient servi à approcher – directement ou via des plateformes professionnelles comme LinkedIn ou Upwork – des agents américains ayant accès à des données confidentielles.

Le FBI estime que sept personnes ont été identifiées comme ayant été recrutées par ce biais. Il leur aurait été demandé de fournir des documents portant sur les relations sino-américaines, l’Iran ou encore le conflit israélo-palestinien. Les responsables présumés de l’opération, basés à l’étranger, auraient versé des sommes parfois importantes en échange de ces informations. Le ministère américain de la Justice précise que les gérants des sites mis en cause ont nié toute affiliation avec un gouvernement étranger.

Des identités fictives générées par intelligence artificielle

Mis en place à partir de novembre 2023, ce réseau de faux sites – opérant sous les noms de Centrik Global Consulting, GeoIndopacific et Pulse Wave Global, entre autres – utilisait des identités fictives créées par intelligence artificielle et copiait des informations et photos de véritables entreprises étrangères. L’un des sites affichait même de faux témoignages attribués à des personnages du film comique « Anchorman », comme Ron Burgundy (Will Ferrell) et Brick Tamland (Steve Carell). Le financement de ces plateformes était assuré via des cryptomonnaies.

Une réaction ferme des autorités

La procureure Jeanine Ferris Pirro a déclaré : « Les saisies d’aujourd’hui envoient un message clair : toute tentative d’exploitation de citoyens américains ayant accès aux informations les plus sensibles de notre pays sera démasquée et neutralisée. » Elle a ajouté : « Nous protégerons toujours l’intégrité de nos agents et préserverons les informations confidentielles qui sont le fondement de notre sécurité nationale. »

Un précédent rapport d’alerte

L’année dernière, un rapport du Service d’enquêtes criminelles de la Marine américaine (NCIS) alertait déjà sur les risques de recrutement d’employés fédéraux mécontents par des acteurs étrangers, profitant des plans de licenciements massifs au sein de l’administration. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une surveillance accrue des menaces d’ingérence étrangère visant les États-Unis.