Les autorités judiciaires américaines ont fait savoir que treize noms de domaine sur internet ont été saisis dans le cadre d'une enquête portant sur des soupçons d'espionnage au profit de la Chine. Selon les informations communiquées par le bureau du procureur fédéral du district de Columbia et par le FBI, ces plates-formes en ligne se présentaient comme des sociétés de recrutement légitimes et proposaient des offres d'emploi, notamment pour des postes d'analyste en affaires internationales, d'analyste de la défense, de consultant ou encore destinés à d'anciens militaires.
Un réseau en place depuis près de trois ans
Le réseau de faux sites de recrutement aurait été mis en place à partir de novembre 2023. Il se faisait passer pour des entreprises internationales sous des dénominations telles que Centrik Global Consulting, GeoIndopacific et Pulse Wave Global. Pour approcher des responsables américains ayant accès à des informations sensibles, ces sites utilisaient des plates-formes professionnelles comme LinkedIn ou encore Upwork. Les enquêteurs fédéraux estiment que les responsables de cette opération, basés à l'étranger, auraient versé des sommes parfois importantes en échange d'informations et agissaient « sciemment ou non » pour le compte du gouvernement chinois. De leur côté, les responsables des sites concernés ont nié toute implication avec un gouvernement étranger, selon le ministère américain de la Justice.
Des identités fictives générées par intelligence artificielle
Pour rendre la supercherie plus crédible, ces sites web étaient financés par des cryptomonnaies et utilisaient des identités fictives créées par intelligence artificielle. Ils copiaient également des informations et des photos provenant de véritables entreprises étrangères. L'un d'eux affichait même de faux témoignages attribués à des personnages fictifs du film comique « Anchorman », notamment le personnage de Ron Burgundy interprété par Will Ferrell et celui de Brick Tamland joué par Steve Carell.
Au moins sept personnes identifiées
D'après le FBI, sept personnes ont été identifiées comme ayant été recrutées via ces plates-formes. Il leur a été demandé de fournir des documents sur divers sujets, notamment les relations entre la Chine et les États-Unis, l'Iran ou encore le conflit israélo-palestinien.
Un message clair des autorités
La procureure Jeanine Ferris Pirro a déclaré que « les saisies d'aujourd'hui envoient un message clair : toute tentative d'exploitation de citoyens américains ayant accès aux informations les plus sensibles de notre pays sera démasquée et neutralisée ». Elle a ajouté que les autorités protégeront toujours « l'intégrité de nos agents » et préserveront « les informations confidentielles qui sont le fondement de notre sécurité nationale ».
Cette opération intervient alors qu'un précédent rapport du Service d'enquêtes criminelles de la Marine américaine avait déjà alerté sur les menaces d'acteurs étrangers visant des employés fédéraux via des offres d'emploi, en tirant profit des licenciements massifs opérés par l'administration Trump.