Alors que l’incertitude planait sur l’avenir du magazine d’information « 60 Minutes » à la suite d’une série de départs retentissants, les trois derniers correspondants vedettes encore en poste ont mis fin aux spéculations. Par un courriel adressé à l’ensemble des employés, Lesley Stahl, Bill Whitaker et Jon Wertheim ont officialisé leur décision de demeurer à l’antenne. « Voici pourquoi nous restons : nous ne voulons pas voir ‘60 Minutes’ mourir », ont-ils écrit dans leur message, citant une période de frustration et de chagrin.
Cette annonce intervient au terme d’une semaine particulièrement agitée pour la célèbre émission. Jeudi dernier, la rédactrice en chef de CBS News, Bari Weiss, a procédé au limogeage de Tanya Simon, productrice exécutive du programme, ainsi que de deux de ses correspondants. Elle a parallèlement confié les rênes de « 60 Minutes » à Nick Bilton, journaliste spécialisé dans les technologies et réalisateur, qui ne possède aucune expérience préalable dans le journalisme télévisé.
La décision a provoqué une vive réaction en interne. Le correspondant Scott Pelley, lors d’une réunion du personnel lundi, avait vertement critiqué la rédactrice en chef, l’accusant de « tuer » l’émission. Il a été licencié dès le lendemain. Cet épisode avait alimenté les interrogations sur l’intention des trois autres figures de l’émission de poursuivre ou non leur collaboration.
Dans un entretien accordé vendredi après-midi, Lesley Stahl a précisé les coulisses de la décision collective. Elle a indiqué que le trio était parvenu à un accord après une série d’appels marathon répartis sur plusieurs continents. Jon Wertheim couvrait alors le tournoi de tennis de Roland-Garros à Paris, ce qui a contraint les trois journalistes à se réunir via un système de visioconférence, reliés depuis des fuseaux horaires différents.
« Nous avons pris la décision, il y a plusieurs jours, de statuer sur notre avenir en bloc », a expliqué Lesley Stahl. « Nous avons estimé que c’était la meilleure façon de préserver le programme. Un départ supplémentaire aurait pu mettre en péril l’émission tout entière. »
La direction de CBS News n’avait pas encore répondu aux sollicitations dans l’immédiat. L’épisode a néanmoins permis de dissiper, pour l’instant, les doutes sur la continuité du magazine, figure historique du paysage audiovisuel américain.