Le feuilleton du financement de la ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse connaît son épilogue. Le chef du gouvernement a tranché, par courrier adressé aux présidentes des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, en faveur d'un mode de financement intégralement public, écartant définitivement l'option du partenariat public-privé (PPP). Cette décision, rendue publique le mercredi 24 juin, met fin à des mois d'incertitude et de tensions entre l'exécutif et les collectivités territoriales.

Un choix qui satisfait les opposants au PPP

Depuis le début de l'année, les présidents des deux régions, Carole Delga (Occitanie) et Alain Rousset (Nouvelle-Aquitaine), multipliaient les interventions pour dénoncer ce qu'ils considéraient comme un « choix politique irresponsable ». Selon les études commandées par les collectivités, le recours à un PPP aurait entraîné un surcoût estimé à 7,3 milliards d'euros et aurait repoussé la mise en service de deux à trois ans. La Société du grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (SGPSO) avançait elle-même un retard de 18 à 24 mois en cas de partenariat avec le secteur privé.

Dans sa lettre, le Premier ministre prend acte de « la nette préférence en faveur d'un recours à la conception-réalisation » exprimée par les élus locaux et confirme que le projet sera mené via un marché de conception-réalisation, c'est-à-dire un mode contractuel entièrement public. Carole Delga a salué une décision qui « porte ses fruits » après « le travail et la persévérance des élus du Sud-Ouest ». Alain Rousset a de son côté qualifié l'annonce d'« excellente nouvelle pour Toulouse et le grand Sud-Ouest ».

Un calendrier et un financement désormais fixés

Le gouvernement s'engage à lancer les appels d'offres « avant la fin de l'année 2026 », s'appuyant sur une enveloppe de 500 millions d'euros débloquée en mai dernier. Le coût total du projet, initialement évalué à 14 milliards d'euros en 2020, repose sur une répartition tripartite : 40 % à la charge de l'État, 40 % pour les collectivités locales et 20 % financés par l'Union européenne.

Les premiers travaux préparatoires ont déjà débuté aux abords de Bordeaux et de Toulouse. Une fois opérationnelle, à l'horizon 2032, la LGV permettra de relier Toulouse à Paris via Bordeaux en trois heures et dix minutes, offrant un gain de temps significatif par rapport aux liaisons actuelles.