Les primaires démocrates de mardi à New York ont consacré une percée des candidats progressistes soutenus par le maire Zohran Mamdani, infligeant un sérieux avertissement à l’aile traditionnelle du parti et aux organisations favorables à Israël. Trois figures emblématiques de cette mouvance, Brad Lander, Darializa Avila Chevalier et Claire Valdez, ont chacune décroché l’investiture dans des sièges considérés comme sûrs pour les démocrates en vue des élections générales de novembre.

Un trio de victoires

Brad Lander, ancien contrôleur municipal, a battu le sortant Dan Goldman, un élu résolument proche des positions de Tel-Aviv. Lander s’était notamment prononcé contre l’aide militaire américaine à l’État hébreu. De son côté, Darializa Avila Chevalier a créé la surprise en évinçant le vétéran Adriano Espaillat. Avila Chevalier, qui s’était présentée en portant un keffieh lors de l’annonce de sa candidature en novembre, se présentait comme une militante de la réunification des familles séparées par le système migratoire et comme une opposante à ce qu’elle a qualifié de « génocide en Palestine ». Quant à Claire Valdez, députée socialiste de l’État de New York, elle a remporté la nomination dans une circonscription laissée vacante.

Ces trois victoires revêtent une importance particulière : les circonscriptions concernées sont solidement ancrées à gauche, ce qui rend une défaite républicaine en novembre improbable. Les nouveaux élus siégeront donc très probablement au Congrès américain à partir de janvier.

Un « séisme politique » selon des militants

Beth Miller, directrice politique de l’organisation Jewish Voice for Peace (JVP) Action, a qualifié la soirée de « séisme politique à New York ». « Ce que nous avons montré, c’est qu’un soutien sans compromis à la liberté palestinienne n’est pas seulement une position morale, c’est aussi la voie de la victoire pour les candidats progressistes », a-t-elle déclaré. Miller estime que l’establishment démocrate a été prévenu.

Le contexte des mobilisations propalestiniennes

Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, les manifestations propalestiniennes sur le campus de l’université Columbia ont été sévèrement réprimées : sanctions académiques, campagnes de déportation orchestrées par l’administration, attaques venues des deux principaux partis. Or, une partie de ce même campus sera désormais représentée à Washington par Darializa Avila Chevalier, qui a contribué à organiser les rassemblements contre la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza.

La montée en puissance de Mamdani

Ces résultats confirment l’influence croissante du maire Zohran Mamdani, figure montante de l’aile gauche du parti démocrate. Son réseau d’appuis a permis de faire émerger des candidats qui, il y a encore un an, étaient inconnus du grand public. La campagne d’Avila Chevalier, lancée sans notoriété préalable, a bénéficié de l’écosystème militant fédéré par Mamdani.

Pour les observateurs, cette série de victoires marque un tournant dans les primaires new-yorkaises et un signal fort adressé aux donateurs et aux lobbyistes proches d’Israël, qui voient leur influence reculer dans le camp démocrate. La question du soutien militaire américain à Israël, devenue centrale dans le débat politique intérieur, pourrait peser lourdement dans les prochains mois.