La start-up new-yorkaise Light Phone élargit sa gamme avec un modèle à clapet baptisé Light Flip. Vendu 299 dollars (hors abonnement), cet appareil sans écran tactile ni accès aux applications des smartphones classiques entend répondre aux attentes d’une génération Z en quête de déconnexion, mais rebutée par la fragilité et le manque de finition des téléphones « dumb » actuels.
Un retour aux sources, avec des améliorations
Le Light Flip emprunte le format des téléphones à clapet de la fin des années 1990 et du début des années 2000, avec un design épuré et des coloris vifs. Il ne possède pas d’écran frontal, contrairement à certains modèles récents. La navigation s’effectue via un pavé directionnel, trois touches de fonction, des boutons de confirmation et d’annulation, ainsi qu’un clavier T9 pour la saisie de texte prédictif. L’appareil embarque la 5G, un port USB-C, une prise casque et une batterie amovible, autant d’éléments que les utilisateurs réclamaient.
Kaiwei Tang, cofondateur et président de Light Phone, explique que son équipe a mené des entretiens avec plusieurs dizaines de jeunes consommateurs de la génération Z. « Ils décrivent leur flip phone comme laid, stupide, sans mise à jour logicielle, et parfois encore doté de réseaux sociaux. Mais ils persistent à l’utiliser », déclare-t-il. Le constat est le même pour son associé Joe Hollier, qui souligne que ces utilisateurs sont « tellement anti-Big Tech » qu’ils acceptent les compromis des téléphones basiques, à condition que la qualité soit au rendez-vous.
Un prix plus abordable que le Light Phone III
Le Light Flip se positionne nettement en dessous du Light Phone III, le modèle précédent de la marque. Ce dernier, dont le prix a déjà été revu à la hausse en raison des tensions sur les approvisionnements en mémoire vive et des droits de douane, passe de 699 à 899 dollars. « Les pénuries de RAM nous obligent à augmenter le prix du Light Phone III », indique l’entreprise. Le Light Flip, en revanche, reste à 299 dollars, soit moins d’un tiers du tarif du modèle haut de gamme.
Pour faciliter l’accès, Light Phone propose également un abonnement de 24 mois à 39 dollars par mois, incluant un forfait avec 1 Go de données, appels et SMS illimités, reposant sur les réseaux d’AT&T et T-Mobile. Cette formule fait de Light Phone un opérateur mobile virtuel (MVNO) aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. Un abonnement similaire est disponible pour le Light Phone III à 59 dollars par mois. « Les gens sont tellement habitués au modèle d’abonnement pour les téléphones que nous devions au moins proposer cette option », justifie Joe Hollier.
Un écosystème limité mais ouvert aux développeurs
Le Light Flip fonctionne sous LightOS, la plateforme propriétaire de l’entreprise. Les « outils » – équivalents des applications – sont réduits à l’essentiel : téléphone, réveil, calculatrice, calendrier, navigation. Pas de réseau social ni de messagerie instantanée. Toutefois, en mai dernier, Light Phone a lancé un kit de développement logiciel (SDK) qui permet à des développeurs tiers de créer de nouveaux outils. Ces derniers pourraient nécessiter des adaptations pour fonctionner de manière optimale sur le clapet.
Le Light Flip est d’ores et déjà disponible en précommande, pour une livraison prévue en avril 2027. L’entreprise espère ainsi séduire tous ceux qui rêvent d’un téléphone « idiot » mais élégant, durable et connecté aux réseaux modernes.