Alors qu’un nouvel épisode de chaleur intense frappe le pays, le gouvernement a dévoilé une série de mesures destinées à améliorer le confort des logements les plus exposés aux fortes températures. Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a présenté mercredi 18 juin 2025 un plan visant à lutter contre ce que l’on appelle les « bouilloires thermiques », ces habitations qui emmagasinent la chaleur et deviennent pénibles, voire dangereuses, lors des canicules.
Un vote facilité dans les copropriétés
L’une des principales annonces concerne le droit des copropriétés. Actuellement, pour engager des travaux de rénovation énergétique d’ampleur, il est nécessaire d’obtenir une majorité absolue des voix lors des assemblées générales. Le ministre propose d’abaisser ce seuil à une majorité simple, une mesure qui, selon le ministère, devrait lever un frein fréquent dans les immeubles collectifs. Par ailleurs, il serait désormais possible pour une copropriété de contracter un prêt collectif afin de financer ces chantiers, une option rarement utilisée jusqu’à présent.
Élargissement de MaPrimeRénov’ et TVA réduite
Autre point central du dispositif : l’extension de l’aide MaPrimeRénov’ à de nouveaux équipements. Jusqu’ici réservée à certains travaux d’isolation ou de chauffage, cette prime pourra désormais financer l’installation de volets, de stores extérieurs ou de protections solaires, des éléments jugés efficaces pour limiter la surchauffe intérieure. Le gouvernement a également confirmé l’application d’un taux de TVA réduit pour l’achat et la pose de pompes à chaleur de type « air-air », qui permettent à la fois de rafraîchir et de chauffer les logements.
Un recensement des « bouilloires thermiques »
Dans le cadre de ce plan, un recensement des logements les plus vulnérables à la chaleur doit être lancé. L’objectif est d’identifier les habitations classées comme « bouilloires thermiques » afin de cibler les aides et d’inciter les propriétaires à réaliser des travaux d’isolation et de ventilation. Ce chantier s’inscrit dans la continuité des politiques de rénovation énergétique déjà existantes, mais avec un accent particulier sur la lutte contre la chaleur estivale.
Des associations jugent les mesures « cosmétiques »
Si le gouvernement présente ces annonces comme une avancée, les critiques ne se sont pas fait attendre. La Fondation pour le logement des défavorisés a vivement réagi, estimant qu’il s’agit de « mesurettes cosmétiques ». Manuel Domergue, directeur des études de l’organisme, a déclaré : « On a tellement de retard ! » Il considère que les moyens annoncés sont insuffisants face à l’ampleur du problème, alors que des millions de logements restent mal isolés et que les épisodes caniculaires se multiplient avec le changement climatique. L’association aurait souhaité des engagements plus forts, notamment en matière de financement et d’obligation de travaux pour les propriétaires bailleurs.
Un contexte de forte chaleur
Ces mesures interviennent alors qu’une vague de chaleur touche une grande partie du territoire. Les températures ont dépassé les 35 degrés Celsius dans plusieurs régions, et les prévisions météorologiques annoncent une poursuite de l’épisode pour les jours à venir. Le gouvernement insiste sur l’urgence d’adapter le parc immobilier, qui compte encore des centaines de milliers de logements très peu performants sur le plan thermique. Selon des données officieuses, près de 5 millions de résidences principales seraient concernées par des problèmes de surchauffe estivale, un chiffre en hausse chaque année.
Vers d’autres annonces ?
Pour l’heure, le ministère n’a pas précisé le calendrier précis de mise en œuvre de ces mesures. Certaines pourraient être intégrées dans le prochain projet de loi de finances, d’autres faire l’objet de décrets dans les semaines à venir. Les professionnels du bâtiment et les associations de consommateurs attendent désormais des clarifications sur les conditions d’éligibilité et les montants alloués, afin d’évaluer l’impact réel de ce plan sur la vie quotidienne des occupants.