Les autorités britanniques ont annoncé avoir intercepté et saisi un pétrolier appartenant à ce que l'on appelle la « flotte fantôme » russe dans la Manche. L'opération, menée dans la nuit de samedi à dimanche, a duré six heures et a impliqué des commandos des Royal Marines, des agents du National Crime Agency et des moyens aériens de la Royal Air Force, selon le ministère de la Défense.
Le navire, identifié comme le Smyrtos, battant pavillon camerounais, a été arraisonné en transit dans la Manche. D'après les informations de追踪 maritime MarineTraffic, le bâtiment se trouve désormais au mouillage dans cette zone. Le ministère britannique de la Défense a précisé que le pétrolier sera provisoirement déplacé vers un mouillage au large de la côte sud de l'Angleterre, où il fera l'objet d'une surveillance, notamment pour d'éventuels risques environnementaux ou de sécurité.
« Cette opération réussie porte un nouveau coup à la Russie et rappelle à ceux qui alimentent la guerre de Poutine en Ukraine que nous ne les laisserons pas se cacher », a déclaré le premier ministre Keir Starmer, qui a supervisé l'interception. Le secrétaire à la Défense, Dan Jarvis, a salué le professionnalisme, le courage et l'habileté des personnels impliqués, ajoutant que la Russie dépend de sa flotte fantôme pour financer son conflit en Ukraine.
Un système d'évasion des sanctions
Depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022, les pays occidentaux ont imposé des sanctions économiques visant à restreindre les revenus pétroliers russes. Pour contourner ces mesures, Moscou a constitué une flotte de centaines de navires, souvent dépourvus d'assurance adéquate, utilisant des pavillons de complaisance et des montages juridiques opaques. Le ministère britannique de la Défense estime que cette flotte compte plus de 700 navires et assure le transport de 75 % du pétrole russe soumis à sanctions.
Londres affirme avoir déjà sanctionné plus de 500 navires de cette flotte. Ces sanctions leur interdisent l'accès aux ports britanniques et prohibent aux entreprises et particuliers du Royaume-Uni de fournir des services financiers, d'assurance ou de courtage aux pétroliers impliqués dans l'exportation de pétrole russe.
Une coopération avec la France
L'opération de dimanche a été menée en étroite coordination avec la France, a précisé le ministère britannique de la Défense, s'inscrivant dans le cadre d'une coopération récente. Le 1er juin, le président français Emmanuel Macron avait annoncé que la marine française, avec le soutien du Royaume-Uni, avait intercepté un autre pétrolier suspecté d'appartenir à la flotte fantôme. En janvier, les forces françaises avaient déjà arraisonné un navire russe, le Grinch, et en mars, le Deyna, battant pavillon mozambicain, avait été retenu à Marseille.
Un impact sur les finances russes
Selon le ministère britannique de la Défense, l'impact de ces mesures se fait sentir : les revenus pétroliers et gaziers de la Russie ont diminué de 24 % en 2025 par rapport à l'année précédente. Le gouvernement britannique affirme vouloir asphyxier le financement de la machine de guerre russe en Ukraine, où le conflit dure depuis plus de quatre ans.
L'attorney general Richard Hermer a souligné que le gouvernement avait clairement indiqué qu'il poursuivrait la flotte fantôme russe avec toute la force du droit international. Le premier ministre avait annoncé en mars que les forces armées britanniques étaient désormais habilitées à arraisonner les navires sanctionnés transitant dans les eaux britanniques.
L'interception a été soutenue par des aéronefs du Maritime Air Group, un avion P-8 de la RAF, ainsi que par les navires de la Royal Navy HMS Sutherland et HMS Ledbury.