Une nouvelle séquence diplomatique de haut niveau s'est ouverte ce dimanche 7 juin à Londres. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a accueilli le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour des discussions consacrées à la guerre qui oppose l'Ukraine à la Russie depuis plus de quatre ans.

Selon les informations transmises par la présidence française, les échanges ont débuté par un entretien bilatéral entre les trois dirigeants européens sans la présence de Volodymyr Zelensky, avant que ce dernier ne les rejoigne. La réunion, qui s'est tenue à Downing Street en fin d'après-midi, visait à faire le point sur les initiatives diplomatiques en cours et à renforcer la pression sur l'effort de guerre russe.

La Coalition des volontaires au cœur des discussions

L'un des principaux sujets abordés concerne la Coalition des volontaires, une initiative conjointe de la France et du Royaume-Uni qui rassemble près de vingt-cinq pays. Cette coalition s'est engagée à déployer une force multinationale en Ukraine dès qu'un accord de paix sera signé avec la Russie. L'Élysée a indiqué que la réunion permettrait de faire le point sur les travaux engagés en faveur d'une paix juste et durable, tant pour l'Ukraine que pour le continent européen.

Cette force, dont les modalités précises restent à définir, aurait pour mission de garantir la sécurité d'une éventuelle zone de cessez-le-feu et de dissuader toute reprise des hostilités. Les participants ont également évoqué les moyens supplémentaires à fournir à Kiev pour soutenir ses capacités de défense face aux bombardements russes quotidiens.

Poutine exclut toute rencontre avant un accord

Ces échanges interviennent dans un contexte marqué par le refus de Vladimir Poutine de rencontrer Volodymyr Zelensky tant qu'un accord de paix n'aura pas été conclu. Vendredi dernier, à Saint-Pétersbourg, le président russe a estimé qu'une telle rencontre n'avait « pas d'intérêt », ajoutant qu'elle ne servirait qu'à permettre à l'Ukraine d'arrêter l'avancée des forces armées russes. Il a appelé à laisser les spécialistes élaborer des solutions avant toute rencontre au sommet.

Cette déclaration a provoqué une vive réaction de la part de Volodymyr Zelensky, qui a dénoncé la position de son homologue russe. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a affirmé que « la partie russe choisit encore une fois la guerre », qualifiant la réponse de « faible ». Selon lui, Vladimir Poutine ne souhaite tout simplement pas mettre fin au conflit et refuse tout changement.

Une lettre ouverte sans réponse

Le président ukrainien avait adressé quelques jours plus tôt une lettre ouverte à Vladimir Poutine, dans laquelle il proposait de fixer une date pour une rencontre directe afin de trouver une issue à la guerre. Il y soulignait que les ressources de la Russie diminuaient considérablement et que Moscou ne disposerait plus assez d'argent ni de capital politique pour continuer à acheter la loyauté de sa population comme cela a été le cas ces dernières années.

En l'absence d'avancée diplomatique, l'Ukraine a intensifié ses frappes de drones contre les territoires occupés et la Russie, en représailles aux bombardements russes quotidiens. Les discussions londoniennes devraient permettre de coordonner les prochaines étapes de cette stratégie de pression, tout en maintenant ouverte la voie d'une négociation.

Les quatre dirigeants n'ont pas prévu de rencontre avec Vladimir Poutine. La position occidentale reste inchangée : tout dialogue avec Moscou ne pourra intervenir qu'après des concessions claires de la part du Kremlin.