Lydia Hadjara, figure de proue des accusations de violences sexuelles visant le mouvement raëlien, a été relaxée par la justice des charges de diffamation que le gourou Raël avait engagées contre elle. Le tribunal a tranché en sa faveur dans cette affaire qui oppose l'ex-membre de la secte à son ancien guide spirituel.

La plaignante, qui a publiquement dénoncé des faits de violences sexuelles commis au sein du groupe fondé par Raël (de son vrai nom Claude Vorilhon), faisait l'objet d'une plainte en diffamation déposée par ce dernier. La décision judiciaire, rendue ces derniers jours, constitue un revers pour le leader spirituel et conforte la parole de son accusatrice.

Cette relaxe intervient dans un contexte où plusieurs anciens adeptes du mouvement raëlien ont pris la parole pour dénoncer des abus. Lydia Hadjara s'est imposée comme l'une des voix les plus audibles de ces témoignages, ce qui lui a valu d'être poursuivie en justice par Raël.

Le tribunal a estimé que les propos tenus par Lydia Hadjara ne tombaient pas sous le coup de la loi sur la diffamation, validant ainsi la thèse de la défense selon laquelle les accusations portées relevaient de la bonne foi et de l'intérêt général. Les avocats de la partie adverse avaient plaidé que les déclarations de leur cliente étaient fondées sur des éléments suffisamment sérieux pour être considérées comme légitimes.

Un combat judiciaire de longue haleine

Cette décision marque une étape importante dans le parcours judiciaire de Lydia Hadjara, qui n'a cessé de répéter que la justice devait faire la lumière sur les pratiques au sein du mouvement raëlien. Le gourou, de son côté, a toujours contesté les faits qui lui sont reprochés et dénoncé une campagne de calomnie à son encontre.

Le jugement de relaxe a été accueilli avec satisfaction par les soutiens de Lydia Hadjara, qui y voient une reconnaissance de la légitimité de sa parole et un encouragement pour d'autres victimes potentielles à se manifester. Les réactions de la partie adverse n'ont pas encore été rendues publiques.

Le mouvement raëlien, fondé dans les années 1970 par Claude Vorilhon, un ancien journaliste sportif français qui se présente comme le messager des extraterrestres, a souvent été qualifié de secte par les autorités. Plusieurs anciens membres ont témoigné de dérives sectaires et d'abus en tous genres au sein de l'organisation.

Cette affaire judiciaire pourrait avoir des répercussions au-delà du cas individuel de Lydia Hadjara, en relançant le débat sur la protection des lanceurs d'alerte et des victimes de violences sexuelles au sein de groupes fermés. La décision du tribunal pourrait faire jurisprudence dans les contentieux opposant des plaignants à des personnalités accusées de tels faits.